Louis XIV et Marie Leszczynska Âmes sœurs ou la passion de la musique

A  Mlle Marcelle Benoit avec tous mes remerciements pour son soutien et ses conseils.

« Ce qui fait la grandeur et la majesté des rois n’est pas tant le sceptre qu’ils portent que la manière de le porter. » Louis XIV (Mémoires)

Il est des personnages dans l’histoire qui surprennent par la ressemblance de leur destin, leurs penchants, leur longévité. Louis XIV fut le roi de France au règne le plus long : 54 ans de pouvoir réel. Le règne de l’épouse de son arrière-petit-fils Louis XV, fut le plus long de toutes les reines de France: 43 ans.

Pourtant, aussi bien Marie Leszczynska que Louis XIV, avant d’accomplir cette performance, ont connu dans leur jeunesse des moments difficiles, parfois même dangereux. Ils sont sortis de ces épreuves la tête haute, trouvant dans l’art, particulièrement dans la musique, un épanouissement et une consolation dans leur « difficile métier »[1] de Roi et de Reine.

Enfant-roi : de l’humiliation au pouvoir absolu

Louis XIV et sa mère la reine Anne d'Autriche
Louis XIV et sa mère la reine Anne d’Autriche

Depuis 300 ans, le règne de Louis XIV est le synonyme de puissance et de faste, de culture et de savoir-faire. Pour ses contemporains il fut un modèle à imiter.  A cette époque il était indispensable pour un grand prince d’Europe d’effectuer un voyage à la Cour du Roi-Soleil pour y parfaire son éducation en culture et en raffinement. L’Europe construisait à n’en plus finir, des palais et des résidences à la manière du château de Versailles, sans jamais y parvenir vraiment. Versailles et le royaume de France étaient uniques. De ce point de vue, Louis le Quatorzième accomplit un formidable exploit de souverain.

Pourtant, son enfance ne le prédestinait pas à une telle réussite. Il avait à peine 10 ans lorsque sa mère, la régente Anne d’Autriche et son ministre Jules Mazarin furent confrontés à la première Fronde, celle du Parlement de Paris. Obligés à quitter la capitale pour échapper aux émeutes, ils s’enfuirent au château de St Germain en Laye. Le futur roi garda toute sa vie le souvenir du froid, de la peur et d’un lit monté à la va-vite, car le château n’était pas habité depuis longtemps et ne possédait de ce fait aucun équipement. Louis n’oublia pas non plus l’affront que lui infligèrent un peu plus tard les Parisiens défilant toute une nuit dans sa chambre à coucher au Louvre, pour s’assurer qu’il n’avait pas déserté à nouveau la capitale. Il se souvint toujours de la trahison des nobles de France lors de la Fronde des princes.

Pour échapper au danger, la famille royale fut obligée de se déplacer en suivant son armée. A quatorze ans, le roi est sorti de ces épreuves mûri et déterminé : il a compris la fragilité du pouvoir. Afin que de tels événements ne se reproduisent plus, il décida de brider les Parlements et mettre au pas la noblesse dont il allait se méfier toute sa vie. Il assit son autorité sur un pouvoir absolu et le fit comprendre à ses ministres. Comme le palais du Louvre lui rappelait trop de souvenirs pénibles, il lui préféra le pavillon de chasse de son père, où il allait bâtir sa résidence principale.

Une Cour prestigieuse

Quarante ans plus tard, Versailles est né, synonyme de la puissance du Grand Roi. Louis XIV installa ainsi sa Cour en un lieu fixe, pour mieux centraliser son pouvoir. Il y assembla la fine fleur de ses gentilshommes sous l’égide des princes du sang qu’il soumit à une étiquette stricte et fastidieuse. Le roi a minuté chaque journée de sa vie à l’instar du soleil qui se lève le matin et se couche le soir. L’astre solaire devint son emblème. Se faire remarquer par le roi était le rêve des courtisans et des artistes.

Afin de museler toute nouvelle tentative de révolte contre l’autorité royale, il endormit la noblesse en la comblant de privilèges et de gratifications. En retour, il la mit à sa merci « en la ruinant par la vie dispendieuse des armées et celle, luxueuse, de la Cour »[2], en particulier dans le domaine qui lui tenait à cœur : le théâtre et la danse.

Dès son plus jeune âge le roi montrait un véritable talent de danseur : il avait de qui tenir ! Son père, Louis XIII, s’illustra plusieurs fois en dansant à l’Hôtel de Ville pour les Échevins de Paris (1626).  En 1635  il composa la musique, créa la chorégraphie et dessina les costumes pour le Ballet de la Merlaison (la chasse au merle), donné pour la première fois à Chantilly.

Le Roi dansant
Le Roi dansant

On assistait à ce moment-là, « à la phase profane du Ballet et de l’Air de Cour. Danser était aussi important que monter à cheval ou batailler » [3]. De plus, la danse assurait un beau maintien, « le bel estre », indispensable pour un courtisan. Le fils de Louis XIII, futur Louis XIV, trouva un maître dans l’enseignement des Arts en la personne du Cardinal Mazarin qui l’a familiarisé avec la musique italienne dont raffolait aussi la reine Anne d’Autriche.

Au royaume des Muses

La Fronde éteinte, dès 1654, Louis XIV fit reprendre à la Cour la comédie-ballet, tant prisée par la famille royale. En ce temps, un garçon de chambre d’origine italienne, au service de la Grande Mademoiselle, attira l’attention des courtisans par ses dons de violoniste et danseur. Son nom était Giovanni Battista Lulli.

Après avoir francisé son nom en Jean Baptiste Lully, il acquit très vite la confiance du jeune Roi grâce à la dimension de son talent et à son dynamisme. Intrigant habile, Lully obtint le poste de Compositeur du Roi et créa son premier ballet le Temps, avec 23 entrées, qui fut donné au Louvre  (1654).

Non content de jouer dans la Grande Bande des Vingt-Quatre Violons du Roi et de diriger celle des Petits Violons, fondée par lui-même, Lully ne voyait sa véritable réussite que dans la composition. Après des études avec Roberval et Métru, il s’efforça de créer un genre musical représentant le goût français, portant au plus haut le prestige du Grand Roi.

Il a cherché son inspiration autant chez les maîtres du chant français, comme son beau-père Lambert, que chez les Italiens Cavalli, Cesti, et Luigi Rossi dont les opéras furent applaudis à Paris sous le cardinal Mazarin.

Le style Louis XIV était né, reposant sur le « bon goût français », ce « je ne-sais-quoi» dont parlera Montesquieu[4]. Il servira désormais de modèle à des maîtres tels que François Couperin pressant ses élèves de substituer « le beau de sentiment au beau raisonnable[5] ».

Après l’échec de l’opéra sous Lambert et Perrin, faute de moyens financiers, Lully réussit à convaincre le roi de lui octroyer le privilège d’un genre lyrique que ses prédécesseurs n’avaient pas su imposer. Désormais, Jean-Baptiste régnera sur la musique en France.

Après l’Académie Royale de Danse inaugurée en 1662, le roi fonda dix ans plus tard l’Académie Royale de Musique. C’était la première salle de spectacles à Paris dont les entrées étaient payantes. L’Opéra devint ainsi accessible au peuple qui s’enthousiasma pour les airs de Lully. D’après les témoignages de l’époque, les plus mélodieux et les plus faciles à retenir comme l’air d’Amadis : Amour, que veux-tu de moi, étaient repris par les chanteurs de rue [6].

Louis XIV protecteur des Arts
Louis XIV protecteur des Arts

Quelques mois plus tard, le 27 avril 1673, Lully y présenta sa première tragédie en musique : Cadmus et Hermione. Molière venait de mourir et, avec lui, la comédie-ballet. A cause de ses multiples fonctions Lully ne pouvait composer qu’un seul opéra par an, soit treize jusqu’en 1687, l’année de sa mort.

« S’inspirant des pièces de P. Corneille, écoutant la déclamation des actrices de Racine », il conçut une tragédie en musique d’après un modèle bien défini : un livret, puisé dans la mythologie, cinq actes, un prologue et une ouverture dite à la française, en trois mouvements : lent-vif-lent (en opposition avec l’ouverture à l’italienne : vif-lent-vif).

Le ballet représentait une place considérable dans l’œuvre de Lully. Il n’oubliait pas qu’il composait pour le roi, toujours passionné de danse. Il lui façonnait des rôles sur mesure que Louis XIV exécutait à la perfection jusqu’à un âge avancé. Dans l’Eglogue de Versailles, donné au château en 1685, le Roi-Soleil dansa le rôle d’une Nymphe ! Les femmes (chanteuses et danseuses) venaient à peine d’être acceptées à l’Opéra ; il n’était donc pas surprenant qu’un homme soit travesti en femme.

Fondateur de l’opéra français, parvenu au grade de Surintendant de la Musique du Roi, Lully, en mourant, laissa un vide terrible. Mais pas pour longtemps, car sa relève était assurée.

De prestigieux musiciens allaient continuer l’œuvre de l’Italien : Charpentier, Destouches, Delalande, Campra… François Couperin le Grand fut le fleuron des concerts de la Musique de la Chambre du Roi. Delalande, lui, s’illustra à la Chapelle-Musique.

Le spectacle à Versailles (copyrights : gallica.bnf.fr)
Le spectacle à Versailles (copyrights : gallica.bnf.fr)

La descendance du roi : des princes artistes

Après Jean-Henry d’Anglebert, Couperin fut maître de clavecin des Enfants de France ainsi que des bâtards légitimés du roi et de ses maîtresses : Mlle de La Vallière et Mme de Montespan.

D’Anglebert fut attaché à la Musique du Dauphin et de son épouse Marie-Anne de Bavière. Leur fils, Louis, duc de Bourgogne, dansait et chantait admirablement et s’illustrait au clavecin.

La princesse de Conti, fille du roi et de Mlle de La Vallière, fut dédicataire d’un livre de pièces de clavecin de d’Anglebert. Ce dernier dans sa préface, louait ses qualités de claveciniste.

Le duc du Maine, fils du roi et de Mme de Montespan, chanta et joua du clavecin dans les concerts à la Cour et fut à l’origine des fêtes des Grandes Nuits de Sceaux.

Sa sœur, Melle de Blois, brillait comme danseuse. Son autre sœur, Melle de Nantes et son frère, le comte de Toulouse, élèves de Michel-Richard Delalande, se passionnaient également pour la musique[7].

Institutions musicales à la Cour de France

Le titre de Compositeur du Roi était la distinction que tous les musiciens convoitaient, mais que seulement les plus talentueux et les plus méritants pouvaient espérer.

La Musique était répartie en deux départements principaux: la Chapelle, la Chambre et deux départements secondaires : l’ Ecurie et l’Armée. Son organisation se caractérisait par une hiérarchie rigoureuse dans la répartition des charges.

La Chapelle-Musique groupait des chantres, symphonistes et organistes destinés à embellir la liturgie. Les femmes n’y étant pas admises, six enfants, dits Pages de la Musique et quelques castrats italiens chantaient les parties supérieures. Tous étaient placées sous la houlette du Maître et de son Sous-Maître. Le poste le plus en vue était celui de l’organiste de la Chapelle Royale. De grands virtuoses en occupaient la tribune : Lebègue, Couperin, Marchand, Daquin…

Pour le département de la Chambre, deux surintendants étaient nommés, un par semestre, pour choisir le répertoire des concerts et autres divertissements et pour composer des œuvres nouvelles à l’occasion des événements exceptionnels de la Cour : mariages, naissances, victoires militaires.

A l’Ecurie dominaient les vents renforcés par quelques percussions. Leur rôle était de sonner devant les carrosses du roi et de la reine lors de leurs déplacements, participer au Te Deum, aux départs de la Cour à la chasse…

« La Maison militaire se composait de plusieurs régiments dont chacun avait une mission différente. Les Chevau-légers, les Cent Suisses, les Mousquetaires se retrouvaient tout de même unis dans un combat où leurs trompettes sonnaient des commandements, leurs tambours battaient tantôt la charge, tantôt la retraite, etc. Porteurs d’uniformes somptueux, ils attiraient autant les oreilles que les yeux de l’assistance »[8].

La Partition des Trompettes
Une Partition des Trompettes

Afin de mieux comprendre le rôle de la musique et son importance dans les affaires de l’Etat, citons le musicien Kuhnau dans son Charlatan musical [9] : « Ce n’est pas sans motif que les politiques la favorisent : ils le font par raison d’Etat. C’est une diversion aux pensées du peuple ; elle l’empêche de regarder dans les cartes des gouvernants ».

Si l’Italie du XVII s. en était déjà un exemple, il fallut encore quelques décennies en France pour que la musique eût un pouvoir sur la bourgeoisie et les Parlementaires ; en revanche elle réussit à la Cour, particulièrement auprès du monarque.

Une princesse venue de Pologne

Marie, la fiancée du Roi de France
Marie, la fiancée du Roi de France

Au mois d’août 1715, peu de temps avant que Louis XIV ne s’éteigne à l’âge de 77 ans, arrivait dans le duché des Deux-Ponts, à la frontière de l’Alsace et de l’Allemagne, le roi Stanislas Leszczyński de Pologne. Déchu de sa couronne cinq ans plus tôt[10], après  maintes péripéties et revers de fortune, il trouva refuge à la Cour de Suède, auprès du roi Charles XII, son allié. Sa famille et une poignée de courtisans fidèles l’accompagnaient.

Afin de leur permettre d’être plus à l’aise, Charles les installa dans sa petite propriété de Zwei-Brücken (duché des Deux-Ponts), avec un titre de duc pour Stanislas et une rente[11] permettant aux exilés polonais de vivre assez confortablement.

Marie, fille cadette du roi et future reine de France, se souviendra plus tard de son enfance passée sur les routes de l’exil et des moments d’affolement et d’angoisse qui accompagnaient la fuite de sa famille. Une fois, elle fut oubliée dans une auberge par sa nourrice ; heureusement, on la retrouva à temps. Une autre fois, elle fut sauvée par le courage d’une paysanne qui la cacha dans un four à pain pour empêcher qu’elle ne soit enlevée par des sbires saxons[12].

Dans son petit coin tranquille, Stanislas pouvait s’adonner librement à ses multiples passions : la littérature et la philosophie. Il organisait aussi des divertissements pour sa famille dans le domaine musical.

Le monarque créa une scène pour les concerts sur une colline qu’il appela la « Montagne des Trompettes », où il avait construit un petit palais à l’orientale, rempli de bonheur de vivre pour ses deux filles, Anne et Marie. Leur éducation lui tenait à cœur.

Stanislas n’oublia jamais le collège de Leszno, une des villes-patrimoine de sa famille, où il fut un élève brillant. Cette remarquable école fut fondée par son grand-père, protestant. Raphaël Leszczyński se convertit au catholicisme en 1641 et transmis à ses descendants la tolérance religieuse. Ce fut aussi un des principes de l’éducation que Stanislas donna à ses filles.

Sans doute leur raconta-t-il la mission de son aïeul en France, choisi par les Magnats de Pologne pour demander la main de Marie-Louise de Gonzague, fiancée au roi Ladislas IV.  A-t-il  rempli les yeux des princesses des images de fastes et de réjouissances à Versailles ? C’est là que Stanislas put apercevoir le Roi-Soleil à l’occasion d’un voyage en Europe, dans sa jeunesse.

Le petit bonheur dans les Deux-Ponts ne dura point longtemps, car Charles XII fut tué à la guerre. Les Leszczyński se réfugièrent en Alsace où ils trouvèrent l’asile grâce au régent Philippe d’Orléans, sensible à la détresse « d’ un roi malheureux ».

Après la mort de sa fille aînée, Anne, Stanislas concentra tous ses efforts autour de l’avenir de Marie. Elle parlait cinq langues dont son père lui transmit la connaissance.

Au moment de son mariage avec Louis XV, Marie eut pour devise une lyre à cinq cordes : « Quinque linguarum peritae »[13].

Boîte à tabac peinte à l'occasion du mariage de Marie et Louis XV
Boîte à tabac peinte à l’occasion du mariage de Marie et Louis XV
Gravure représentant le nouveau couple royal de France
Gravure représentant le nouveau couple royal de Fra

Choisie en 1725 pour épouser le jeune roi de France à la suite d’une folle intrigue de Versailles, la rumeur de la passion de Marie pour la musique précéda son arrivée à la Cour.Les musiciens et compositeurs sentirent que les penchants de la nouvelle reine constituaient  une aubaine pour leur carrière.

François Colin de Blamont, directeur de la musique à Versailles, reprit spécialement pour le mariage royal sa cantate  Le Retour des Dieux sur la Terre. La dédicace qu’il adressa à la reine un peu plus tard pour célébrer la naissance du Dauphin (1729), témoigne de son estime envers  l’action de la souveraine dans le domaine de la musique :

« Madame, La flatteuse approbation de Votre Majesté voulut bien honorer ma Cantate lorsqu’elle vint à Paris rendre grâce au Ciel du Don précieux qui remplit son espérance et celle de tous ses Sujets  (…) Quel bonheur n’étoit-ce pas pour moy, d’avoir eu chaque année depuis l’arrivée de Votre Majesté en France de nouvelles occasions de Luy marquer mon Zèle ! (…) J’ay pris la liberté de joindre à cette Cantate, celle de Circe que j’ay refaitte avec accompagnement pour les Concerts de Votre Majesté (…) (Je suis) Madame De Votre Majesté Le très humble et très obéissant Serviteur et Sujet

(signé) De Blamont ».

Par ailleurs, la reine s’est vu offrir une Méthode de Musique[14], que son auteur, un prêtre genevois lui dédiait en espérant que son ouvrage servirait à enseigner la musique aux Enfants de France[15].

Retour des Muses à Versailles

Les concerts de la reine

Le premier concert pour la reine eut lieu le lendemain de son mariage, le 6 septembre 1725 à Fontainebleau. Le  Mercure de France  rapporta qu’il fut composé de « musique vocale et instrumentale ».  Marie privilégiait les concerts aux spectacles d’opéra.
Des années plus tard, le maréchal de Richelieu le mentionnera encore dans ses Mémoires.

Arrivée à Versailles à l’automne 1725, la jeune reine n’y trouva qu’une dizaine d’ instrumentistes et de chanteurs au service de la Cour. Ces effectifs furent réduits après la mort du Régent, car le jeune Louis XV ne s’intéressait pas à la musique.

Le ton dans ce domaine était donné par la ville de Paris, riche en salons de musique et salles de concerts privées, en plus de l’Académie Royale de Musique et du Concert Spirituel inauguré au début de l’année 1725.

Dans ce contexte, Marie Leszczyńska s’imposa le devoir de restituer la vie musicale à la Cour pour lui rendre l’éclat du temps de Louis XIV. L’action qu’elle mena dans ce domaine allait se prolonger, dans un autre style, avec l’arrivée de Marie-Antoinette.

Les filles du compositeur Pancrace Royer, professeur de musique des Enfants de France
Les filles du compositeur Pancrace Royer, professeur de musique des Enfants de France

Contrairement à l’épouse de Louis XVI,  « Marie Leszczyńska sut trouver l’équilibre entre les fonctions de représentation du monarque et le désir de la vie ordinaire »[16].

Elle se soumit à la pénible étiquette introduite par le Roi-Soleil et vaqua sans hésiter aux nombreux devoirs que lui imposait son statut de souveraine.

Le duc de Luynes, fidèle chroniqueur de la Cour de Louis XV, a légué ce témoignage : « Cette princesse, si affable, si douce, (…) représente avec dignité qui imprime le respect : d’une chambre à l’autre elle redevient la Reine et conserve dans la Cour cette idée de grandeur, telle que l’on nous représente celle de Louis XIV ». Le maréchal de Richelieu se souvenait que Marie parlait toujours de Louis XIV avec le plus grand respect.

Néanmoins, dès qu’elle le pouvait, elle se réfugiait dans ses appartements pour y goûter à l’intimité en présence de quelques meilleurs amis, s’inspirant des « petits concerts de chambre » du Roi-Soleil. Elle pouvait ainsi écouter de la musique sans être obligée de se montrer publiquement « en grand apparat », ce qui lui demanderait plusieurs heures de toilette.

Les deux facettes du personnage de Marie Leszczyńska sont visibles sur ses portraits.

Au début de son règne, elle se faisait représenter en souveraine dans de somptueuses tenues de Cour.

marie en tenue de cour
Marie en tenue de cour

Avec le temps, elle prit goût à se voir en privé, sans insignes royaux ni manteau fleurdélisé.

Marie à l'éventail
Marie à l’éventail

Comme Louis XIV, Marie choisit pour ses concerts le Salon de la Paix, la dernière pièce de la suite de la reine. Comme lui, elle privilégia le même type de programmation : un acte d’ opéra (on disait alors que l’on « concertait un opéra » chez la reine) ou bien un concerto pour instrument solo, suivi d’une cantate ou d’un motet, environ une heure de musique en tout.

En pleine période des activités des concerts de la reine, les Comptes de la Maison du Roi et des Menus Plaisirs indiquaient entre 40 et 60 musiciens selon l’œuvre jouée. Des solistes de l’Opéra et du Concert Spirituel pouvaient s’y joindre, si le besoin s’en ressentait.

Marie Leszczyńska réussit à recréer à la Cour une véritable institution musicale dont les programmes rivalisaient avec ceux des salles parisiennes[17].

Cela demandait des efforts considérables de la part des musiciens, d’autant plus que certains d’entre eux avaient des obligations à la Ville. N’empêche, il y avait toujours quelques musiciens à proximité de la reine pour un petit concert organisé à l’improviste, lors d’un souper ou d’une promenade.

Sous Louis XV et Marie Leszczyńska, on garda la même hiérarchie des charges que sous Louis XIV.

La direction de la musique était assurée successivement par François Colin de Blamont et André Cardinal Destouches, Jean Féry Rebel et François Francoeur.

Lully, Destouches et Campra étaient les compositeurs préférés de la reine : le nombre de représentations de leurs œuvres aux concerts de la reine le prouve.

Les ballets  Les Eléments de Destouches et  Les Fêtes grecques et romaines de Colin de Blamont ainsi que l’opéra  Armide de Lully furent le plus souvent joués à ces concerts.

En arrivant à Versailles en 1725,  Marie Leszczyńska prit des leçons de clavecin avec François Couperin le Grand qui dédia à sa royale élève une pièce en deux parties pour cet instrument : La Princesse Marie, ouvrant son quatrième et dernier Livre de Pièces de Clavecin. Pour honorer les origines polonaises de la reine, le compositeur fit suivre le Rondeau initial par un  Air dans le Goût Polonois. Avec la polonaise en ré-mineur de Marin Marais ce sont peut-être les premières polonaises composée en France, cette danse y étant plutôt mal connue, alors qu’elle inspirait déjà des compositeurs allemands comme G. Telemann ou J.S. Bach.

F. Couperin La princesse Marie éd. J.M.Fuzeau
François Couperin La princesse Marie – fac simile éd. J.M.Fuzeau

La reine se passionnait pour le chant et ne manqua pas de prendre des cours avec Jean-Baptiste Matho, professeur de Louis XV. Elle invita plusieurs fois à Versailles le célèbre castrat italien Carlo Farinelli qui lui prodigua, lui aussi, des conseils pour perfectionner son chant.

Jean-Baptiste Matho (1663 – 1743)

A partir des années 1740 fut instaurée à la Cour la mode de la chanson. Le duc de Luynes, fidèle chroniqueur de Louis XV, nota que la marquise de Pompadour raffolait de ces petites mélodies aux paroles galantes. Quant à la reine, elle n’avait pas le droit de chanter forcément ce qui lui plaisait. Les textes étaient soumis à la censure: ils devaient avoir un contenu élevé et noble. Le duc de Luynes donne l’exemple des poésies de Thibaut IV, roi de Navarre, poète et chansonnier du XIII siècle qui furent choisies pour la reine. Leur mise en musique fut confiée au célèbre ténor de l’Opéra, Pierre Jélyotte. Un recueil des poésies de Thibaut fut réédité en 1742 et dut attirer l’attention de la Cour et faire découvrir à la reine d’exquises paroles en vieux français d’un des plus grands troubadours, salué par Dante un siècle plus tard.

Les Poësies du Roy de Navarre

 

Héritage musical des enfants de la reine

Mesdames de France avec une partition de musique
Mesdames de France avec une partition de musique

Pour une reine musicienne, il était tout à fait normal que ses enfants apprennent à leur tour l’art de la musique.

La fille de François Couperin, la talentueuse Marguerite-Antoinette, fut chargée d’enseigner le clavecin aux petites princesses de France.
En 1742, elle a chanté devant la reine un éloge louant les talents de ses filles:
Je vois d’augustes princesses toucher les ressorts divers qui, sous vos mains enchanteresses forment d’agréables concerts,
ainsi, quand de votre côté vous formez leur tendre jeunesse, elles travaillent sans cesse
à votre immortalité.

Quant au Dauphin, il fut surtout élève de Pancrace Royer au clavecin et de J.P. Guignon au violon.

Les leçons de chant étaient assurées par Jean-Baptiste Matho, le vieux professeur de leur père lorsqu’il était encore enfant.

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Dauphin Louis Ferdinand

Les cours de danse se déroulaient sous l’oeil exigent de Claude Ballon qui fit une brillante carrière sous Louis XIV et du maître danseur Laval (Lavalle ?).

Parmi les Filles de France les plus douées étaient: Madame Adélaïde au violon, élève de Jean-Pierre Guignon, Madame Victoire soulevant des applaudissements au clavecin et Madame Henriette qui avait du goût pour la viole de gambe, a travaillé avec les Forqueray. Madame Sophie, quant à elle, fut élève du violiste Barthélémy de Caix d’Hervelois, au temps de son séjour à l’abbaye de Fontevraud.

madame henriette à la viole de gambe
Madame Henriette à la viole de gambe

Le Dauphin était surtout admiré pour sa belle voix de basse et sa grande musicalité qui caractérisait chacune de ses prestations. Il aimait aussi jouer de l’orgue. Le roi lui avait offert un petit orgue de Nicolas Sommer, richement décoré, que l’on peut voir encore aujourd’hui dans les appartements de Mesdames, au Château de Versailles.

Ses sœurs se firent portraiturer en train de pratiquer la musique. C’était pour la première fois que les filles d’un roi de France étaient représentées en musiciennes. Si nous ne possédons pas d’un tel portrait du Dauphin ou de la reine, c’est parce que leur statut ne le leur permettait pas, la pratique d’une activité artistique étant alors considérée comme un simple divertissement.

De nombreux compositeurs dédièrent aux enfants de France des pièces destinées à l’instrument préféré de chacun.

La famille royale suivait de près les progrès des jeunes princes. Leur grand-père maternel, le roi Stanislas, prenait plaisir à les accompagner en jouant de la flûte, chaque fois qu’il venait à Versailles. La reine elle-même assistait à leurs leçons et aux petits concerts qu’ils donnaient dans leurs appartements[18]. Le roi y venait aussi, bien que n’aimant pas la musique.

En effet, malgré les efforts de ses maîtres d’autrefois, Louis XV n’était pas du tout musicien et chanta toute sa vie « avec la voix la plus fausse du Royaume »[19].

A partir de 1747, Mesdames trouvèrent une compagne digne de leurs activités dans le domaine de la musique en la personne de la seconde épouse du Dauphin : Marie-Josèphe de Saxe.

marie josephe
Marie Josèphe

Remarquable claveciniste, la princesse allemande séduit Jean-Philippe Rameau qui lui dédia la Dauphine, une brillante composition pour le clavecin, alors que cela faisait vingt ans qu’il n’avait rien composé pour cet instrument.

La reine qui appréciait la musicalité de sa belle-fille, ordonnait de temps en temps que les concerts eussent lieu dans les appartements du Dauphin et de la Dauphine.

Querelles musicales

Au temps du conflit entre les Lullystes et les Ramistes [20], Marie Leszczyńska n’a pas vraiment pris le parti d’un clan ou d’un autre.

Elle reconnut que la musique de Rameau lui semblait plus difficile à entendre. Néanmoins, le compositeur fut prié de venir à Versailles diriger personnellement ses opéras qui firent tant de scandale :  Hippolyte et Aricie et Castor et Pollux.

La reine s’exprima plus ostensiblement en 1752, au moment de la Querelle des Bouffons[21] opposant les défenseurs de la musique française aux enthousiastes de la musique italienne.

Le conflit remonta jusqu’au trône de France. Marie Leszczyńska choisit le camp des Italiens, soutenu par Jean Jacques Rousseau et les Encyclopédistes, contre le clan français mené par Louis XV, Madame de Pompadour et Rameau. A partir de ce moment, le public de l’Opéra de Paris s’asseyait du côté du « coin de la reine » ou bien de celui du « coin du roi », selon ses convictions.

rousseau
Jean-Jacques Rousseau

Cette opposition de la reine contre l’avis de son époux a pu être vue comme une attitude audacieuse[22].  Bien qu’en douceur, elle se permit à l’Opéra une liberté qu’elle n’avait pas à la Cour, comme n’importe quel spectateur, fût-il issu du peuple.

Du fait que l’Opéra de Paris était une salle de spectacles payante, la royauté s’inclinait devant l’opinion publique.

Comme disait Rousseau : l’Académie Royale de Musique est « une espèce de cour souveraine qui juge sans appel dans sa propre cause et ne se pique pas autrement de justice ni de fidélité ».

Sans compter que la reine se méfiait des idées des Encyclopédistes, partager leur opinion lui donnait le droit de ne pas s’asseoir à côté de la Marquise ? Les raisons de la position de Marie Leszczyńska par rapport à cette polémique restent assez vagues.

Dernières années des concerts de la reine

La situation désastreuse des Finances dûe, entre autres, aux dépenses de la Guerre de Sept Ans, fut à la base du Décret royal qui, en 1761, réduisit au minimum les dépenses à la Cour. Les concerts de la reine continuèrent probablement avec moins d’éclat, mais ils furent marqués par un événement exceptionnel.

L’arrivée à Versailles en décembre 1763 d’un enfant prodige originaire de Salzburg du nom de Wolfgang Mozart[23], âgé de sept ans. Sa visite fut à l’origine de délicieux moments musicaux dont la famille royale tout entière se délecta.

Mozart et son père (aquarelle par Carmontel)
Mozart et son père (aquarelle de Carmontel)

Lors du souper de fin d’année, Marie Leszczyńska invita à sa table le petit musicien et passa le temps à converser avec lui en allemand, tout en traduisant ses propos au roi qui souhaitait être mis au courant de leur conversation[24].

Avant de s’en aller à Londres, Wolfgang eut le temps de composer pour Madame Victoire quelques sonates (K. 6 et 7) destinées au clavecin avec accompagnement de violon.

Compte tenu de l’importance et de la longévité des concerts de la reine, ils occupent aujourd’hui une place importante dans le patrimoine culturel de la monarchie française.

Des œuvres musicales dédiées à Marie Leszczyńska et à sa famille enrichissent également l’héritage musical de l’ Europe au XVIII siècle.

Epilogue

Marie Leszczyńska s’est éteinte le 24 juin 1768, le lendemain de son soixante-cinquième anniversaire.

La dernière décennie des concerts de la reine fut bouleversée par de nombreuses pertes dans la famille royale. La disparition de son fils, le Dauphin Louis Ferdinand et de son père, le roi   Stanislas, plongea la reine dans une profonde détresse.

Enterrement du Dauphin devant la cathédrale de Sens
Enterrement du Dauphin devant la cathédrale de Sens

Au fil des ans, elle vécut son métier de reine comme un devoir de soulager la misère de ses sujets.

Connaissait-elle les conseils que donna Louis XIV sur son lit de mort au petit Dauphin (futur Louis XV) : « Soulagez vos peuples le plus tôt que vous pourrez et faites ce que j’ai eu le malheur de ne pouvoir faire moi-même » [25] ?

Marie consacra la majeure partie de l’héritage de ses parents à l’édification d’un couvent pouvant servir de lieu d’éducation et d’abri à de jeunes filles dont les parents avaient servi à la Cour, ainsi qu’à des femmes âgées ayant été au service de la famille royale.

Ce magnifique édifice conçu sur ordre de la reine, par l’architecte lorrain Emmanuel Héré, fut inauguré en 1772 par Louis XV et ses filles[26].

Le couvent de la reine dépassa les limites de la musique réservée à la Cour pour s’ouvrir vers le milieu moins favorisé.

La chapelle du couvent de la reine
La chapelle du couvent de la reine

Marie Leszczyńska n’a joué aucun rôle dans la politique de la France. Cela ne l’a pas empêché de s’y intéresser.

Vingt-cinq ans avant la Révolution, avec une lucidité visionnaire, elle dressa un tableau effroyable du futur, en commentant dans sa correspondance la défaite de la France, à l’issue de la Guerre de Sept Ans (1763) :

« Voilà donc la fin de cette belle monarchie ! (…) Il semble que la main de Dieu est appesantie sur nous. Je m’en meurs de douleur, surtout quand je pense à la suite… Ah, mon Dieu, ayez pitié de nous ».

In fine

La monarchie a assuré avec faste le développement de la musique dans toutes ses formes à travers les institutions qui se soumettaient aux volontés du roi et, comme l’étiquette, constituaient « le prolongement de sa personne » à la Ville et à la Cour.

Non seulement Louis XIV savait l’importance politique et la nécessité sociale de ce développement, mais de plus, il y a mis de l’attachement personnel pour faire perdurer le divertissement, ce passe-temps qu’il ne pouvait plus exercer comme à l’époque de son adolescence.

Marie Leszczynska apprit la musique à la petite cour d’exil de ses parents, le roi Stanislas Ier et la reine Catherine de Pologne. Elle aimait en entendre, par dessus tout, sans chercher à exceller en tant que musicienne. N’ayant pas de rôle politique à jouer, elle s’est donné pour devoir de développer la vie musicale à Versailles de sorte que la musique à la Cour n’ait pas à céder devant les concerts publics donnés à Paris. La rubrique des événements musicaux du « Mercure de France » en atteste à partir des années 1730 où la programmation des concerts de la reine côtoit celle de l’Opéra et du Concert Spirituel.

L’art d’Euterpe s’épanouit de nouveau à Versailles grâce à la passion de l’épouse de Louis XV plutôt que du désir de magnifier son statut de reine.

Les concerts de chambre chez Marie Leszczynska avaient quelque chose en commun avec ceux qu’écoutait en son temps le Roi-Soleil qu’évoquait avec fierté François Couperin : « (…) les petits concerts de chambre ou Louis Quatorzième me faisoit venir presque tous les dimanches de l’année ».

Son témoignage rejoint celui du duc de Luynes : « Les concerts de la reine s’exécutent [à Versailles] dans le salon du bout de la galerie qui sert de grand cabinet à la reine et où elle joue ».

Il s’agissait du Salon de la Paix qui retrouvait sous le règne de Marie Leszczynska la même fonction que celle des dernières années de la vie de Louis XIV.

Etait-ce un hasard ou bien une volonté d’imitation de la part de celle qui gardait pour son illustre prédécesseur « le plus profond respect » ?

La Reine Marie Leszczyńska par Jean-Marc Nattier
La Reine Marie Leszczyńska par Jean-Marc Nattier

[1]. C’est ainsi que Louis XIV appelait les devoirs que lui imposait son statut de Roi. Marie Leszczyńska partageait cette opinion.
[2]. Nanie Bridgman : Communication au VIII Congrès de l’Association de la BNF, le 3.09.1956
[3]. Ibid.
[4]. Charles L. de Montesquieu : Essai sur le goût, cité par Marcelle Benoit dans Les musiciens du Roi de France  (1661-1733), PUF 1982.  Le je-ne-sçay-quoy est aussi le titre de la 4ème partie du Neuvième Concert Royal de F. Couperin (précis. K. Pasquier).
[5]. Marcelle Benoit : Les musiciens du Roi de France op.cit.
[6]. J-L. Le Cerf de la Viéville, cité par Romain Rolland dans Les musiciens d’autrefois, Librairie Hachette
[7]. Marcelle Benoit, op. cit.
[8]. Marcelle Benoit, op. cit.
[9]. Der Musicalische Quack-Salber, Leipzig, 1700.

[10]. Depuis la mort du dernier Jagellon en 1572, les rois de Pologne étaient élus par l’ensemble de la noblesse polonaise. Avec le temps, les grandes puissances faisaient de plus en plus incursion dans les affaires du pays. C’est ainsi que Stanislas appuyé par les Suédois perdit contre Auguste II, électeur de Saxe et allié des Russes, à l’issu d’une guerre gagnée par la Russie contre la Suède.
[11]. Les biens de Stanislas et ceux de son épouse furent spoliés et leurs propriétés en Grande – Pologne occupées par les troupes saxonnes.
[12]. Elle raconta plus tard ces événements à Voltaire qui les rapporta ensuite dans son Histoire de Charles XII.
[13]. En réalité la reine parlait 6 langues : le polonais, le français, l’allemand, l’italien, le latin et le suédois. Cit. d’après le Chevallier de Lozillères (de Méré), secrétaire à l’Ambassade de France à Turin : «La reine parle six langues » rapporté dans Król Wygnaniec [Le roi banni] par xxx, Librairie Etrangère, Leipzig, 1856 (Bibliothèque Polonaise de Paris).
[14]. Méthode de Musique selon un Nouveau Système très court, très facile & très sûr  (…)  Approuvé par Messieurs de l’Académie Royale des Sciences, & par les plus habiles Musiciens de Paris. Dediée à la reine par*** Prêtre. A Paris, Chez Pierre Simon, Imprimeur du Clergé de France & du Parlement, rue de la Harpe, à l’Hercule. MDCC.XXVIII.
[15]. Un an auparavant, Marie Leszczyńska mit au monde ses premiers enfants, les jumelles Louise-Elisabeth et Anne-Henriette. Une huitaine d’enfants allaient suivre dont le Dauphin de France Louis-Ferdinand, né en septembre 1729.
[16]. Yves Carlier : Catalogue de l’Exposition:  Art de Cour en France. Le Versailles de Marie Leszczyńska . Château Royal de Varsovie, septembre 2012-janvier 2013 .
[17]. Une étude approfondie des concerts de la reine a été faite par Benoît Dratwicki en 2012 : Les Concerts de la reine, CMBV 2012, Cahiers Philidor 39.
[18]. Le duc de Luynes rapporta qu’elle venait aussi écouter les leçons de physique que l’on enseignait au Dauphin. En digne souveraine des Lumières, elle s’intéressait aux progrès de la science, en dépit de son grand attachement à la religion.
[19]. Une opinion qu’avait exprimée Pierre Jéliotte, le célèbre ténor de l’Opéra de Paris.
[20]. Violent débat qui opposa les défenseurs de l’opéra français conçu par Lully et par les partisans de Rameau dont les deux premières tragédies lyriques Hippolyte et Aricie (1733) suivie de Castor et Pollux (1737). Ces œuvres avaient révolutionné la musique française, entre autres, par le renforcement des effectifs d’orchestre et une plus grande richesse harmonique de l’écriture.
[21]. Ce conflit de dimension nationale fut amené doucement depuis le début du XVIII siècle. Déclanché en mars 1752 par  la  Lettre sur Omphale, un article du baron Grimm et des représentations de La Serva padrona de Pergolèse à l’Opéra. Les deux esthétiques : française et italienne, n’arrivaient pas à fusionner, contrairement aux pays d’Europe Centrale où la musique italienne influençait des compositeurs depuis de nombreuses années.
[22]. Ph. Vendrix : La reine, le roi et la maîtresse, essai sur la représentation de la différence durant la Querelle des Bouffons.  1998
[23]. Le compositeur reçut à son baptême les prénoms de : Johannes Gottlieb Wolfgangus Chrysostomus. Il ne signa sa correspondance du nom de Wolfgang Amadeo qu’à partir de 1770, date de son premier voyage en Italie.
[24]. Ces faits furent rapportés par Leopold Mozart, le père de Wolfgang, dans une lettre du 2 Février 1764 adressée à l’épouse de Lorenz Hagenauer, un ami de Salzburg.
[25].  C’est Voltaire qui rapporta ces propos dans son Siècle de Louis XIV (1751).
[26]. Le couvent deviendra cent ans plus tard le siège du Lycée Hoche de Versailles.

Les donations de Marie Leszczyńska furent nombreuses de son vivant. D’après les Mémoires du maréchal de Richelieu, l’Académie Française souhaitait honorer Marie par un Eloge, mais l’entourage de Louis XVI (petit-fils de la reine) s’y opposa, probablement à cause de l’influence qu’avait sur le roi son épouse Marie-Antoinette et le clan autrichien. Ce sujet, fort intéressant pourrait faire objet d’une étude plus approfondie.

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