Le premier voyage de Wolfgang A. Mozart à Paris : novembre 1763 – avril 1764

Les motifs et les préparations du voyage de la famille Mozart

Cela faisait trois ou quatre ans que monsieur Léopold Mozart, musicien attaché à la cour du prince archevêque de Salzbourg, était convaincu de l’exceptionnel talent musical de ses enfants. Plus encore pour le cadet, Wolfgang, que pour la fille aînée, Marie-Anne.

A l’âge de 5 ans, le petit garçon jouait déjà de plusieurs instruments et commençait à composer de petites pièces, tout à fait originales.

Il était temps que Vienne et la Cour d’Autriche fît connaissance des petits prodiges de Salzbourg.

En 1762 les enfants Mozart, âgés de 6 et 11 ans, furent présentés à l’impératrice Marie-Thérèse, l’empereur François et leur famille.

Mozart und Maria Theresia / Ender 1869 - Mozart a.Maria Theresa / Ender / 1869 - Mozart, Johann Chrysostomos Wolfgang Gottlieb, dit Wolfgang
La Cour de Vienne – Tableau peint au XIXe s. par Edouard Erder

Les concerts qu’ils donnèrent devant les souverains et dans la capitale autrichienne leur apportèrent l’admiration des auditeurs et des revenus considérables à leurs parents.

Friedrich Melchior Grimm, diplomate et homme de lettres allemand, s’exclama, après avoir entendu le petit Wolfgang : « Maintenant, pour une fois dans ma vie, j’ai vu un miracle : c’est le premier1 ».

Pour Léopold Mozart il ne fallait pas s’en arrêter là.

Il estimait qu’il était de son devoir « envers son pays, son prince et son Dieu, de proclamer ce miracle aux yeux du monde, en présentant Marie-Anne et Wolfgang devant la haute société européenne, sinon il serait la plus ingrate des créatures »2.

Léopold prépara soigneusement le voyage de sa famille à travers plusieurs pays de l’Europe occidentale.

Tout d’abord, il s’assura l’aide financière de son ami, Johann Lorenz Hagenauer, riche homme d’affaires ayant des intérêts dans plusieurs banques européennes. Nous verrons plus tard l’importance des relations entre les deux hommes.

Leopold_Mozart
Léopold Mozart par Pietro Antonio Lorenzoni

En juillet 1763, Léopold obtînt une dispense de ses obligations de maître de chapelle du prince archevêque de Salzbourg et le voyage de la famille Mozart put commencer.

Ils se rendirent d’abord à la cour bavaroise de Munich, ensuite à Augsbourg et Mannheim. A Francfort sur le Main, un garçon de 14 ans du nom de Johann Wolfgang Von Goethe, entendit Wolfgang Mozart, 6 ans et demi, et garda en mémoire le petit bonhomme avec sa perruque et une épée.

Le voyage des musiciens continua à travers l’Allemagne jusqu’à la Haye, Liège et Bruxelles.

Après le concert donné le 7 novembre devant le prince-gouverneur Charles Alexandre de Lorraine, beau-frère de l’impératrice Marie-Thérèse, les Mozart quittèrent Bruxelles pour se rendre à Paris.

Les premiers pas de la famille Mozart dans la capitale française

La connaissance que Léopold Mozart avait faite à Vienne avec Melchior Grimm se révéla d’une grande utilité durant le séjour à Paris.

Friedrich_Melchior_von_Grimm
Le baron Friedrich M. Grimm

Le baron allemand y résidait en qualité de secrétaire du duc d’Orléans et ses nombreuses relations haut placées purent être utilisées pour aider les Mozart.

Ils furent recommandés au comte van Eyck qui les logea à hôtel de Beauvais, situé rue Saint Antoine (aujourd’hui 68, rue F. Miron), où se trouvait l’Ambassade de Bavière à Paris.

plaque hôtel de beauvais
Plaque commémorant le séjour des Mozart à Paris en 1763 (hôtel de
Beauvais)

Maximilien van Eyck était ambassadeur de ce pays et frère de la comtesse d’Arco, épouse du premier chambellan de Salzbourg.

Elle entoura de son amitié la famille Mozart, et plus particulièrement le petit Wolfgang.

Van Eyck était un intrigant notoire, décidé de faire fortune par tous les moyens.

Il loua l’hôtel de Beauvais aux amateurs de jeux de hasard qui devint très vite le plus célèbre tripot de Paris.

Ce commerce lui rapportait des sommes faramineuses et, quelques années plus tard, il fut à même de racheter l’hôtel pour en faire sa résidence privée.

Les bonnes mœurs de monsieur et de madame Mozart furent mises à l’épreuve de devoir se loger dans un lieu si infâme. C’est probablement pour cette raison que Léopold n’a jamais tenu à s’épancher dans ses lettres sur sa résidence parisienne et celle de sa famille.

Malgré la recommandation de Grimm des enfants Mozart à la Cour de France, ils n’ont pu y être reçus dans l’immédiat pour cause de décès d’un membre de la famille royale3.

En attendant de présenter ses enfants à Versailles, monsieur Mozart livrait ses premières impressions sur la capitale française dans une lettre du 8 décembre à Lorenz Hagenauer4:

« Paris est divisé en 9 secteurs postaux et le courrier est distribué 4 fois par jour.

Les habitations sont commodes. La vie est chère, sauf le vin.

L’eau potable est repoussante : on la tire de la Seine. Il faut la payer aux porteurs qui en ont le privilège et s’acquittent d’un droit au roi. Même bouillie, elle provoque des maux intestinaux et il faut un peu de temps avant de s’y habituer.

Madame Mozart se plaint d’ailleurs du mode de vie et de la nourriture française. Dans ce pays il n’y a guère qu’1/8 de gens qui jeûnent !

Pour se déplacer, il faut un fiacre5. Ils ont tous un numéro et sont minables.

Pour se rendre chez un grand prince, il faut un carrosse de remise et le déplacement coûte très cher.

Les Français n’ont pas froid ; ils travaillent hiver comme été, dans des boutiques ouvertes.

Les femmes ont des chaufferettes sous les pieds, sorte de caisses en bois, tapissées de tôle, avec des trous, remplie de tuiles brûlantes ou de cendres.

Les fenêtres sont grand ouvertes quand il y a du soleil ; et quand il y a du vent, les portes sont ouvertes et les gens s’assoient à côté des cheminées. »

Léopold loue les cabinets W.C. des Français, qui sont beaux et propres et le système d’évacuation d’eau dans les cuvettes est très ingénieux.

Les Mozart saluent l’invention des parapluies.

Le temps à Paris est si changeant, humide et morose que cela se joue sur le caractère de ses habitants et sur leurs états d’âme.

Les rhumes y sont plus dangereux qu’en Allemagne, avec de la fièvre. »

Grâce aux relations de Grimm, les enfants Mozart furent reçus avec beaucoup d’intérêt dans les hôtels parisiens de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie. Le concert où Wolfgang accompagnait le grand Jéliotte à la guitare, un après-midi chez le prince de Conti, fut immortalisé par Michel-Barthélémy Olivier dans le tableau intitulé « Le thé à l’anglaise ».

On n’y voit le petit garçon assis devant le clavecin avec, à ses côtés, le prince de Beauvau lisant un livre.

Toute la crème de la haute société parisienne s’y trouve.

Parmi les invités on distingue le président Hénault, assis contre le paravent à droite, grand ami de la reine Marie Leszczynska et le prince de Conti, de dos, coiffé d’une longue perruque de l’ancien temps, en train de deviser avec Charles Trudaine.

Un violoncelle posé contre un fauteuil attend d’être joué, peut-être par un des illustres hôtes ici présents. La scène se passe dans le salon des Quatre Glaces de l’hôtel du Temple. Le thé est servi sans domestique, à la mode anglaise, dont le prince de Conti raffolait.

La famille Mozart visitait Paris, écoutait des musiciens célèbres dans les églises, comme Louis Daquin à l’orgue de Saint Paul.

Les Mozart s’émerveillaient devant des reliques et des œuvres d’art et admiraient les mausolées de rois et de princes du sang.

Ils se disaient effrayés à la vue d’innombrables mendiants dont l’extrême pauvreté crevait les yeux.

Madame Mozart et Marie-Anne reluquaient la mode vestimentaire des Parisiennes, Wolfgang écoutait la musique de rue, la voix des chansonniers s’accompagnant à la vielle et à la musette.

la mère de mozart
Anne-Marie Pertl-Mozart, la mère de Wolfgang et de Nannerl

A la Cour de Versailles

Au milieu de décembre 1763, on annonça aux Mozart qu’ils allaient être présentés à la Cour.

La famille quitta Paris pour s’installer à l’auberge du Cormier6 à Versailles, à proximité du Château Royal, appartenant au marchand de vin, Jacques Loyson.

Un concert de Wofgang et de Nannerl7 devant leurs Majestés et la famille royale, précédait le dîner du Nouvel An, servi au Grand Couvert du roi et de la reine.

Dans une lettre du 1er février 1764, adressée à Lorenz Hagenauer, Léopold ne commente pas les prestations musicales de ses enfants ; il la consacre toute entière à la relation de ce qui se passa à ce fameux dîner.

« (…) Le roi et sa famille ne prennent leur repas en public que le dimanche soir et au temps des grandes fêtes et anniversaires de la famille royale.

Il y a peu de place au Grand Couvert et c’est plein ».

Le petit Wolfgang fut placé à côté de la reine, monsieur Mozart à côté du roi, madame Mozart et Nannerl entre Monseigneur le Dauphin et Madame Adélaïde.

Pendant le repas, le petit musicien tenait une conversation animée avec la reine « qui parle l’allemand comme vous et moi et, comme le roi ne comprend pas cette langue, la reine ne cessa de lui traduire les propos de mon valeureux Wolfgang ».

Sa Majesté la reine mettait elle-même les meilleurs morceaux dans l’assiette du petit garçon qui lui baisait les mains et qui l’embrassa, après en avoir reçu l’autorisation. La reine s’en est beaucoup amusée à l’instar de l’impératrice Marie-Thérèse qui, elle aussi, fut gratifiée d’un baiser de l’enfant 2 ans plus tôt, à Vienne.

Le roi fut impatient d’entendre Wolfgang à l’orgue de la Chapelle et fut stupéfait des improvisations de l’enfant et de son assurance devant l’instrument qui ne connut que les plus grands maîtres.

Les enfants Mozart reçurent des cadeaux somptueux à la fin de ce premier séjour à la Cour : pour Wolfgang une tabatière en or de la part de la comtesse de Tessé et une montre en or, très précieuse, car très petite. Une écritoire et des plumes en argent « pour écrire de la musique », de la part de la princesse de Carignan.

Pour Nannerl une boîte en or à cure-dents8 et une petite tabatière en écaille de tortue, très fine et tapissée d’or.

Les enfants sont allés jouer chez mesdames de France qui les ont gratifiés d’une somme de 50 louis d’or (1200 livres), payés de suite d’après les comptes des Menus Plaisirs.

Monsieur Mozart regretta que ses enfants ne reçussent pas plus d’argent à la place des présents, aussi magnifiques qu’ils eussent pu être, en précisant que le temps était aux économies à la Cour de France9.

La famille Mozart resta deux mois à Versailles, de décembre 1763 jusqu’au milieu du mois de février 1764.

Dans sa lettre aux Hagenauer du 22 de ce mois, Léopold fit le bilan du premier séjour de sa famille à Versailles.

Il rappelait que le talent de ses enfants se vérifia une fois de plus.

« Wolfgang sait transposer prima vista et accompagner de même ». Il joue facilement, avec un goût irréprochable, la musique italienne et française.

Nannerl joue à la perfection les morceaux les plus difficiles, comme les sonates de Schobert et de Eckard10.

Léopold Mozart eut plusieurs fois l’occasion d’entendre de la musique à la Chapelle Royale. Il la définit comme « bonne et mauvaise (…), les solos sont vides, glacés et misérables ».

En revanche, les chœurs sont magnifiques, comme toujours chez les Français. Ils ne chantent que des motets.

La messe du roi est à 10:00, celle de la reine à 12:30.

Monsieur Mozart donne ensuite des appréciations fort âpres, sur la musique qu’il avait entendue.

Toute cette musique française ne vaut pas un sou vaillant :

« Die ganze französische Musik ist keinen Sou wert (…) in zehn bis fünfzehn Jahren wird der französische Geschmack, wie ich hoffe, ganz verschwunden sein »11.

Une guerre continue entre la musique française et italienne, ce qui n’a aucun sens, car, aujourd’hui, ce sont les Allemands, les maîtres dans la musique12.

La vie à Versailles est encore plus chère qu’à Paris.

Pour se déplacer, il n’y a pas de fiacre ni de carrosse de remise seulement des chaises à porteurs qui coûtent 12 sols.

 

 

Chaise-à-porteurs
La chaise à porteurs

Léopold Mozart calcula que le séjour de sa famille à Versailles (2 mois), lui coûta 25 louis d’or, c’est-à-dire 600 livres : une petite fortune !

Le retour à Paris

Les Mozart s’en retournèrent donc à Paris, où Wolfgang devait travailler à ses compositions qu’attendait impatiemment un éditeur parisien.

Ils étaient attendus aussi chez madame de Pompadour dans son palais parisien13.

La marquise, vivant les derniers mois de sa vie, reçut assez froidement les Mozart et refusa que Wolfgang l’embrassât.

Il n’est pas impossible qu’elle craignît la contagion, car elle était atteinte de tuberculose.

Le petit Wolfgang amusa son père en lui chuchotant à l’oreille que la marquise ressemblait à leur cuisinière de Salzbourg, Threzel.

Monsieur Mozart nota, quant à lui, que madame de Pompadour était encore belle et très hautaine, sûre de son influence sur le roi.

Wolfgang tomba malade pendant cette période.

Les médecins qu’on lui envoyait étaient incapables de le soigner.

Heureusement, un médecin suisse, attaché aux Gardes Suisses du roi, comprit rapidement de quel mal l’enfant souffrait et lui administra du « Pulvis antispasmodicus Hallensis » et de l’« Aqua laxativa Viennensis », et le petit malade fut vite rétablit.

Il s’agissait probablement d’un souci digestif, mais sans gravité.

Bien entendu, son père s’empressa de relater cet épisode à ses amis de Salzbourg sans se priver de critiquer la médecine française : les médecins français sont des imbéciles qui ne font que saigner leurs patients et les expédient ainsi plus vite dans l’au-delà.

Conclusion : en France, pour rester en bonne santé, il ne reste que de prier.

L’entourage parisien des Mozart s’empressa néanmoins de convaincre monsieur Léopold de vacciner Wolfgang contre la variole, malgré son rétablissement. Indigné, Léopold refusa, en disant qu’il valait mieux s’en remettre à Dieu plutôt que de se faire inoculer cette terrible maladie.

De toute façon, en France il n’y a plus de morale, plus de religion ; le libertinage des femmes est outrageant.

un couple de parisiens sous Louis XV
Un couple de Parisiens à l’époque de Louis XV

La visite d’adieu à la Cour de France

Au début du mois de mars 1764, la famille Mozart était à nouveau attendue à Versailles, car le jeune prodige devait présenter ses nouvelles sonates à la famille royale.

Elles furent éditées à Paris à la fin du printemps 1764 par la maison Bordet, qui précisa dans la préface qu’« il s’agit d’une œuvre première de l’enfant qui suscita une admiration à Paris pendant l’hiver dernier et qui depuis, remporte des succès à Londres ».

Les initiales J.G.de Mozart surprennent...
Page de l’édition parisienne des premiers opus des compositions du jeune
Mozart

 

Les deux premières sonates : œuvre I (opus I), pour clavecin avec l’accompagnement du violon, furent dédiées à Madame Victoire de France.

La première des deux, en Do-majeur, est la plus intéressante.

Elle contient un Andante sur lequel s’extasia Léopold Mozart dans sa lettre du 4 mars 1764 à Maria Theresina Hagenauer : « (…) imaginez le bruit que ces sonates vont faire dans le monde puisqu’il est écrit sur le titre qu’il s’agit de l’œuvre d’un enfant de 7 ans14. (…) Vous constaterez vous-même (…) la qualité de ces sonates avec entre autres, un Andante d’un goût particulier. (…) Je peux vous dire, madame Hagenauer, que Dieu accomplit chaque jour des miracles sur cet enfant ».

Le baron Grimm rédigea en français une dédicace obséquieuse à l’adresse de Madame Victoire.

A Madame Victoire de France, Madame, Je voudrais, Madame, que la langue de la Musique fût celle de la reconnaissance; je serai embarrassé de parler de l’impression que vos bienfaits ont laissée dans mon cœur. J’en remporterai le souvenir dans mon pays et tant que la Nature m’a fait musicien comme elle fait les rossignols m’inspirera, le nom de Victoire restera gravée dans ma mémoire… Je suis avec le plus profond respect, Madame, votre très humble, très obéissant et très petit serviteur, Mozart.

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Madame Victoire au clavecin (col. inconnue)

L’œuvre II (opus II) : les sonates en Si-bémol majeur et en Sol majeur furent dédiées à la comtesse de Tessé15, dame de la Dauphine, particulièrement généreuse avec les enfants Mozart.

La terminologie des opus I et II proviennent du catalogue privé de Léopold Mozart. Plus tard, elles ont obtenu les numéros 6 et 7 dans le catalogue

Köchel.

Les sonates de l’opus I furent transcrites par Léopold Mozart pour clavier seul, et c’est dans cette version qu’elles continuent à nos jours de faire partie du répertoire des pianistes débutants.

La présentation des compositions du petit Wolfgang manifesta à nouveau des signes d’émerveillement à la Cour de Versailles.

Les princesses de France et les grandes dames de leur entourage couvraient de baisers le compositeur en herbe.

Wolfgang en fut ravi, à l’opposé de son père qui s’en montra déçu, car il eût préféré de loin le bruit des espèces sonnantes et trébuchantes :

« Si tous les baisers qu’on prodigue à Wolfgang pouvaient se transformer en bons louis d’or, nous n’aurions pas à nous plaindre ».

Fin de la première visite de W.A. Mozart à Paris

D’autres concerts des enfants Mozart furent prévus à Paris au courant du mois de mars.

Le 10, Wolfgang joua au théâtre privé du comte Félix à la porte de Saint Honoré, en présence du duc de Chartres. Cela rapporta 112 louis à monsieur Mozart.

Il tenait à ce que les dernières semaines du séjour à Paris rapportassent des gains importants à sa famille, car ils devaient poursuivre leur voyage jusqu’à Londres.

Le 9 avril eut lieu le concert d’adieu.

Louis Carmontelle immortalisa cet événement par sa célèbre aquarelle devant servir plus tard de modèle pour le graveur suisse, Christian von Mechel.

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La famille Mozart en concert par Louis Carmontelle – Musée de Chantilly

Avant de quitter la France, Léopold Mozart se livra une dernière fois à des remarques au sujet des Français et de leur pays :

« Le roi n’a plus d’argent, les seigneurs sont criblés de dettes. Les seuls riches, une centaine à peine, sont les fermiers-généraux et les banquiers.

Comme de toute façon rien ne va plus en France, il adviendra de l’Etat français comme de l’ancien Royaume de Perse ».

Nous voyons bien que cette pensée de Léopold Mozart rejoint les sentiments de la reine Marie Leszczynska.

Les événements de 1789 auraient-ils pu être évités, si les classes régnantes sous Louis XV voulaient se préoccuper davantage du climat tendu qui dominait en France, dès la seconde moitié du XVIII siècle?

Voilà une question à laquelle nous n’aurons probablement jamais de réponse.

La famille Mozart quitta Paris pour l’Angleterre le 10 avril 1764.

Le baron Friedrich Carl von Bose16 offrit à Wolfgang en cadeau d’adieu, un livre de maximes et de poésies, portant cette dédicace :

« Reçois, ô jeune Orphée de 7 ans, ce livre de ton admirateur et ami.

Lis-le souvent et écoute bien ses chants divins.

Prête-leur (…) tes harmonies irrésistibles afin que celui qui méprise la religion les lise et reste confondu.

Pour que celui qui les écoute, tombe à genoux et adore Dieu ».

Il n’y a là qu’un pas, pour que Johannes Gottlieb Chrysostomus Wolfgangus17 devienne Wolfgang Amadeus Mozart : Wolfgang Mozart, l’aimé de Dieu.

1. Grimm allait jouer un rôle important pendant le séjour des Mozart à Paris. C’est lui qui introduisit les Mozart à la Cour. Leur courrier arrivait à l’adresse de Grimm, rue Neuve du Luxembourg.

2. D’après Wikipédia.

3. La petite fille de Louis XV, Isabelle de Parme venait de mourir à Vienne. Elle était la fille de Madame Elisabeth de France, dite Madame Infante, et épouse du futur empereur d’Autriche, Joseph II.

4. La correspondance de Mozart et de sa famille fut éditée en français par G. Geffray dans Mozart et la France à travers la correspondance familiale Flammarion, Paris 1986-99

5. Ces voitures étaient appelées ainsi à cause de l’hôtel de Saint Fiacre, devant lequel se trouvait leur station.

6. Aujourd’hui 6, rue du peintre Lebrun. Le bâtiment que connurent les Mozart fut abattu en 1780 par la petite fille de J. Loyson, Angélique de Belval, comtesse de Prouville.

7. Diminutif du prénom de la petite Marie Anne Mozart.

8. Cette boîte se trouvait dans l’inventaire des biens de Nannerl après son décès.

9. Se rapporte aux ordonnances de Louis XV de réduire le train de vie à la Cour, suite aux dépenses engendrées par la Guerre de Sept Ans.

10. Ces compositeurs d’origine allemande ont acquis en France une certaine notoriété. Ils ont introduit avant Glück le goût allemand dans la musique française.

11. Toute la musique française ne vaut pas un sou (…), j’espère que le goût français aura complètement disparu  d’ici dix à quinze ans».

12. Il est vrai qu’à cette époque des musiciens allemands étaient déjà nombreux dans les chapelles de la noblesse et de la Cour.

13. Aujourd’hui, le palais présidentiel de l’Elysée.

14. En réalité, depuis le 27 janvier 1764, Wolfgang était âgé de 8 ans.

15. Marie -Charlotte de Béthune (Mercure de France no38, Septembre1783, p.130)

16. Un noble saxon dont le séjour à Paris coïncida avec celui des Mozart. Il assistait au concert du 9 avril donné par Wolfgang.

17. Les prénoms du compositeur qu’il reçut à sa naissance.

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