La Famille Danican Philidor (vers 1580-1795)

Première partie :

De la musique aux échecs

Avant-propos

Il existe des familles, dont l’histoire ressemble à un roman-fleuve. Leur pérennité les dote parfois de dons exceptionnels.

Face à des dynasties romanesques, issues de l’imagination des écrivains, les Danican Philidor constituent une famille authentique, dont les ancêtres ont laissé une empreinte indélébile dans la Culture et les Arts de France. En deux siècles ils lui ont donné 14 musiciens dont 7 étaient aussi compositeurs et c’est le plus jeune parmi eux qui porta leurs talents au sommet de l’art musical, sous les règnes successifs de Louis XV et de Louis XVI.

La vie et l’oeuvre de François-André Danican Philidor, dit “Philidor le Grand”, arrière-petit-fils du fondateur de cette dynastie, constitueront le sujet principal de la première partie du présent article.

Les Aïeux

La première Bibliothèque de musique de France

L’histoire des Danican ou Duncan, mais pas encore Philidor, débuta avec le hautboïste Michel, musicien d’origine écossaise, dont l’aïeul était arrivé en France, peut-être avec la jeune reine d’Ecosse, Marie Stuart, épouse de François II, roi de France.

Né vers 1580, il a servi dans l’armée française dans le Dauphiné, pendant la guerre contre la Savoie.

Entré comme hautboïste à la Musique du Roi, il suscita l’admiration de Louis XIII qui le compara au célèbre joueur italien du même instrument, Filidori.
Michel Danican, fier du compliment royal, rattacha ce nom au sien, en le francisant; peut-être, pour ne pas créer d’ambiguïté. 

Désormais, il s’appelait Michel Danican, dit Philidor (1).

Toute sa descendance, jusqu’à nos jours, continua à signer de ce double nom leur identité.

Le petit-fils de Michel, André Danican, dit Philidor l’Aîné (par rapport à son frère cadet Jacques, musicien, lui aussi) poursuivit la tradition familiale de joueurs d’instruments divers au service des Rois de France, en devenant “musicien ordinaire du Roy”.

Portrait d’André Danican Philidor dit l’Aîné

Comme d’autres musiciens du Roi, il choisit son blason:  D’argent, à une lyre de sable, au chef d’azur, chargé d’un soleil d’or rayonnant.

Compositeur prolixe autant que musicien, il s’attira l’estime de Louis XIV qui lui confia la fonction de Garde de La Bibliothèque Royale de Musique. Philidor l’Aîné a rejoint dans cette tâche François Fossard, symphoniste du Roi à partir de 1683 (2). A la mort de celui-ci en 1702, André devint le bibliothécaire de la musique du Roi à part entière.

En poursuivant le travail de Fossard, André répertoria toutes les partitions en usage à la Cour de France depuis Henri IV. 

Il sauva ainsi un patrimoine inestimable, dont le fonds se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale de France. Il porte le nom du Fonds Philidor.

Il fut marié une première fois avec Marguerite Mouginot dont il eut 17 enfants dont Anne Danican-Philidor, fondateur du Concert Spirituel en 1725. 

Anne fut le premier à imaginer des concerts publics à grand chœur et grand orchestre.
Pour ne pas faire d’ombre à l’Académie Royale de Musique (Opéra), le Concert Spirituel fonctionnait pendant les mois de fermeture annuelle de l’Académie.
La musique qui pouvait y être jouée ne comportait que des œuvres de musique sacrée. En peu de temps, il devint la deuxième plus grande salle des concerts parisiens.

La nouvelle génération

A 70 ans environ, en 1719, André Philidor l’Aîné épousa Elisabeth Leroy, de plus de 40 ans sa cadette. 

Six enfants sont nés de ce mariage, dont cinq ont atteint l’âge adulte.

Ce sont eux qui constituent les principaux personnages de cet article en deux parties, car tous les quatre ont eu des rapports directs avec la reine Marie Leszczynska et la Cour de Louis XV.

Il s’agit de:

  • Elisabeth-Hélène (1722-1770)
  • Marie-Anne (1725-entre 1795 et 1801)
  • François-André (1726-1795)
  • Marie-Marguerite (1728-1801)
  • Françoise-Agathe (1729-1764)

Tous ces enfants ont vu le jour à Dreux, où André Danican Philidor l’Aîné s’était retiré après la mort de Louis XIV.

La maison des Philidor à Dreux

Les trois filles aînées allaient exercer le métier de marchandes de mode à Paris et y tenir des boutiques de mercerie. Elles furent nommées marchandes de mode de la reine Marie Leszczynska jusqu’à son décès, et ensuite celles de Madame la future Dauphine, Marie-Antoinette de Habsbourg.

La seconde partie de cet article leur sera dédiée.

Les débuts de François-André Danican Philidor, “le Grand Philidor”

Le 21 août 1738, le duc Charles de Luynes, chroniqueur de la Cour de Louis XV, nota dans son Journal: 

“Quelques jours auparavant, le Roi avait entendu un morceau d’un page de la musique, nommé Philidor. Il n’a que 13 ans (famille connue dans la musique) et a déjà fait trois motets. Celui-ci a été trouvé bon et a été exécuté à la Chapelle deux fois de suite. Le Roi lui a donné 5 louis et promis d’en donner 2 supplémentaires à chaque motet qu’il ferait”. 

Ce jeune page était le fils du second lit d’André Danican Philidor l’Aîné, François-André.
A son émancipation (3), à un âge entre 8 et 10 ans, il fut confié aux pages de la Musique de la Chapelle Royale de Versailles, où il fut probablement élève d’André Campra. 

Il allait dire plus tard qu’il considérait Versailles comme son véritable lieu de naissance “(…) où il a porté pour la première fois un coup d’œil intelligent sur lui-même” (cit. de G. Lacarrière, voir la bibliographie).
Sa voix enchantait Louis XV qui le fit savoir plusieurs fois. 

En peu de temps, le petit François-André se mit à la composition. 

Ses premières pièces de musique étaient des motets, chantés pendant les offices religieux à la Chapelle Royale.

Les musiciens de la Chapelle qui attendaient parfois longtemps le Roi, se distrayaient souvent dans une pièce voisine, en disputant des parties d’échecs. François-André les regardait jouer avec grand intérêt.

Un jour, il proposa de remplacer lui-même un joueur manquant et… remporta brillamment la partie engagée.

Sa victoire fit rapidement le tour des cafés parisiens où l’on ne manqua pas de convier le jeune musicien aux parties d’échecs qui y étaient régulièrement menées.

Les traumatismes d’enfance de François-André, marqué prématurément par la mort de son vieux père décédé en août 1730, l’amenèrent naturellement à l’univers du jeu, lui permettant de s’oublier le temps d’une partie acharnée.

A l’âge de la mue, François-André quitta Versailles et alla s’installer à Paris, rue Saint André des Arts, en louant un modeste logis chez un perruquier.
Il vivait chichement de copies de partitions, de leçons de musique, tout en fréquentant les cafés parisiens dont celui du “Cabaret du Caveau”, du Café Maugis, et du “Café de la Régence”, un des plus anciens. 

Les cafés parisiens: le « Procope« 

Il y disputait des parties d’échecs en exposant sa tactique contre celle des joueurs les plus chevronnés. La salle « de la Régence » passait pour être le plus grand club d’échecs au monde.
François-André pouvait s’y mesurer avec Kermuy (Kermur), sieur de Legall (1710-1792), champion « de la Régence », inventeur d’un mat célèbre. 

Il mit quelques bonnes années avant de battre son illustre adversaire. Ensuite, il y parvint plusieurs fois.

Il n’est pas impossible qu’affronter de Legall pendant si longtemps, pût servir de  leçons au jeune Philidor et lui faire faire de remarquables progrès. 

Ce fameux café était fréquenté aussi par Denis Diderot qui devint un des plus fervents admirateurs de Danican Philidor. 

L’encyclopédiste lui rendit hommage à la toute première page de son “Neveu de Rameau”. Il le nomma “Philidor le subtil”, lorsqu’il faisait aller son personnage au “Café de la Régence” regarder les grands joueurs.

Café de la Régence, début XIX s.

Par la suite, Diderot se lia d’amitié avec la famille du musicien, notamment avec ses sœurs. 

Par contre Jean-Jacques Rousseau, de 14 ans son aîné, considérait François-André comme le meilleur joueur du café Maugis. Philidor a travaillé avec Rousseau, mais leur amitié se termina plus tard par une brouille.

Philidor soulevait l’admiration par ses parties à l’aveugle et à l’avantage.
Le jeu d’échecs était une activité gratuite, un divertissement; de ce fait, le jeune Philidor avait constamment besoin d’argent. La musique lui venait alors à la rescousse.

Tous les ans, après son départ de la Cour, François-André offrait à Versailles un grand motet, rémunéré par le Roi qui admirait toujours ses talents musicaux.
L’artiste menait une vie de bohème à Paris. En 1744, il participa à une émeute du parterre de la Comédie Française pour soutenir un acteur, suspendu par la direction. 

Pendant le tumulte, Philidor s’en prit à un garde, ce qui lui valut un rapide jugement et une incarcération pendant deux semaines au Fort l’Evêque, la Bastille des comédiens.

Sa renommée échiquéenne prévalait néanmoins sur le reste; Philidor se trouva invité plusieurs fois par Monsieur de la Pouplinière en même temps que Diderot, Quentin de la Tour, Rameau, le mécanicien Jacques de Vaucanson et tout le milieu d’une élite de scientifiques et d’artistes.

Au château de la Pouplinière, Philidor rencontra signor Lanza, musicien et professeur de chant, accompagné de sa fille, une claveciniste de talent. Ils proposèrent à François-André de les suivre en tournée aux Pays-Bas.
Philidor, qui tirait à Paris le diable par la queue, accepta volontiers leur invitation.

Malheureusement, après une assez courte période, le décès de mademoiselle Lanza mit fin aux concerts; François se retrouva brutalement sans ressources.

Les premiers succès européens de Philidor, champion d’échecs

“Le jeu est très en usage en Europe (…) c’est un état que d’être joueur; ce seul titre tient lieu de naissance, de bien, de probité (…)”  

                                                               Charles L. Montesquieu, Lettres persanes

La musique faisant défaut, Philidor décida de tirer l’autre flèche de son arc: les échecs.

Pour cela, il se rendit à la Haye où il gagna de l’argent en jouant contre des officiers anglais, rescapés de la bataille de Fontenoy. 

Le jeu d’échecs était considéré depuis plusieurs siècles comme “le paradis du sacré », “jeu unique dont personne ne sait quel dieu en fit don à la terre, pour tuer l’ennui, aiguiser l’esprit et stimuler l’âme”.

“Le roi des jeux était forcément le jeu des rois” (4): une multitude de têtes couronnées et d’aristocrates s’y adonnaient avec passion. Philidor ne tarda donc pas à se mesurer au prince de Waldeck qui lui proposa de le suivre à Londres, un autre haut lieu des jeux de cette époque.

En 1749, les esprits des Londoniens étaient chauffés par la présence dans leur ville du champion d’échecs syrien, Stamma, reconnu meilleur joueur d’échecs du monde.

Patatras! Celui-ci s’inclina rapidement devant François-André, peu de temps après son arrivée en Angleterre.

Un autre aristocrate jeta alors son regard sur le nouveau maître des échecs, venu de France. C’était Lord Sandwich, si passionné de ce jeu que son cuisinier, en guise de vrai repas, lui inventait des tartines gourmandes à grignoter pendant les parties qu’il disputait. Et le “sandwich” fut né…

Le prince anglais devait se rendre à Aix-la Chapelle en qualité de représentant du Roi d’Angleterre, mais, ne voulant pas se séparer de Philidor, il l’emmena avec lui. François-André voyagea de nouveau aux Pays-Bas; à Eindhoven il fut présenté au duc de Cumberland, le fils cadet du Roi George II. Celui-ci encourageait le jeune Français à écrire un ouvrage, une sorte de méthode pour apprendre le jeu des échecs. 

La suggestion du duc plut à Philidor qui s’exécuta magistralement de cette entreprise.
L’ Analyze des échecs (5), de plus d’une centaine de pages, vit le jour à Londres, la même année de 1749. Elle s’adressait aussi bien aux professionnels qu’aux amateurs.

Analyze des échecs, première édition

Dans son livre, l’auteur élève ce jeu au rang de la science, pour la première fois depuis son existence, et y enseigne “la réflexion d’un plan de jeu et le pourquoi de chaque coup”(6). Deux nouveaux termes y voient le jour: “la position” et “la défense” de Philidor. Fidèle aux idées des Lumières, il met en avance les pions: “l’âme du jeu d’échecs”, car c’est de leur position que dépend la victoire.

L’ensemble des règles de la stratégie du jeu a valu à Philidor le surnom de ”grand philosophe des échecs”(7). Ce traité est toujours d’actualité à notre époque. Il a connu plus d’une centaine de rééditions. En 2009, un exemplaire datant de 1777 s’est vendu à Londres 300 livres sterling. Cette édition contient le portrait de Philidor par Bartolozzi.

Selon les témoignages, Danican Philidor en tant que joueur d’échecs était “d’une grande lucidité et d’une rigueur de raisonnement à toute épreuve”. 

“(…) peu ou pas d’attaques rapides sur le roi ennemi, mais de lentes manoeuvres aboutissant généralement au gain d’un ou deux pions ennemis, puis des échanges, et enfin la victoire en fin de partie, par la promotion d’un pion en dame”(8).

Le dr Max Euwe, champion du monde des échecs de 1935 à 1937, avait ainsi résumé les mérites de Philidor:

“Il a posé la première pièce de l’édifice du jeu moderne de position.

Il a tiré le jeu d’échecs hors de l’étroite observation euclidienne pour le faire entrer dans le monde sans limites de la pensée cartésienne”.

Nous pourrions rajouter encore à la gloire de Philidor qu’il excellait aussi au jeu des Dames, seulement il n’y prêtait pas le même intérêt qu’aux échecs.

une page de la méthode de Philidor , document gallica.fr B

Joueur d’échecs et compositeur d’opéras comiques

La renommée de Philidor le faisait voyager entre l’Angleterre et le continent.
En 1751, c’est le roi de Prusse, Frédéric le Grand qui l’invita à Potsdam pour se confronter au savant mathématicien et joueur d’échecs, Léonard Euler, considéré comme imbattable. 

Une fois de plus et contre toute attente, François-André sortit vainqueur de cette épreuve. 

Pendant son séjour en Prusse, il fit une ample connaissance avec la musique allemande et prit des cours de contrepoint qu’il jugeait indissociable de l’art de la composition. 

Invité de nouveau à Bad Arolsen par le prince Charles A. de Waldeck, Philidor lui prodigua encore des leçons d’échecs, pour aller ensuite chez le Landgrave de Hesse-Cassel, soucieux, lui aussi, d’améliorer sa stratégie du jeu.

De retour à Londres vers la fin de 1752, Philidor décida de se consacrer davantage à la composition musicale.

C’est dans la capitale londonienne qu’il rencontra Georg F. Haendel, un des plus importants compositeurs allemands du moment.

Etant probablement séduit par Ode for St Cecilia’s Day de Haendel, François-André composa à son tour Ode à l’harmonie pour la fête de la Sainte Cécile sur un poème de W. Congreve.

Son oeuvre fut favorablement reçue par les Londoniens, au théâtre de Haymarket, en janvier 1754.

Après avoir entendu la composition de Philidor, Haendel lui-même parut séduit par la sonorité de ses chœurs. En tant qu’ancien page de la Chapelle Royale de Versailles, Philidor eut l’occasion d’apprendre à maîtriser cet art. D’autant plus qu’à cette époque, les choeurs français passaient pour être les meilleurs d’Europe.

Ce fut le poème La fête d’Alexandre de John Dryden (1631-1700) qui, à la suite de Haendel, fut une nouvelle inspiration pour Philidor qui le mit en musique durant l’année 1753.

Au début de l’année 1754, Philidor apprend que le poste de Maître de Chapelle de Versailles a été libéré et qu’un concours a été lancé pour la composition d’un motet, adressé aux candidats à ce poste.

François-André rentra précipitamment en France; il souhaitait proposer sa candidature en composant Lauda Jerusalem, sur le verset 12 du psaume 147.
Après son audition, Louis XV se montra satisfait, en revanche la reine trouva l’œuvre trop “italienne”, trop légère. Dans le domaine de la religion elle était intraitable et se dressait contre toute idée libertine, que ce soit dans la musique, la parole ou la peinture. 

Exit la Chapelle Royale…

Paris fut plus accueillante à Lauda Jerusalem

Quelques semaines plus tard, donné au Concert Spirituel, le motet remporta un succès auprès du public.

Le jugement de la reine nous apprend sur le style qui caractérisait alors les compositions de Philidor.
Le duc de Luynes s’inscrit dans l’opinion de Marie Leszczynska en écrivant plus tard qu’un nouveau motet composé par Philidor ne pouvait pas être considéré comme réussi « car trop dans le goût italien » (décembre 1754).

Il est possible que ces critiques aient pu décevoir François-André pour qu’il se tourne pendant un moment vers la musique de chambre et la composition basée sur la science musicale. 

C’est ainsi que six quatuors ou sinfonias sur L’art de la modulation virent le jour la même année. Composés pour hautbois (ou flûte), deux violons et basse, ils ont été dédiés à Monseigneur le duc d’Ayen. Ils constituent une approche originale des tons majeurs et mineurs mêlant contrepoint et style galant, où chaque tonalité a une couleur et un caractère qui lui sont propres.
Les mouvements au nombre de 3 ou 4 mélangent les éléments de suite baroque et de symphonie classique.

L’Art de la Modulation

Fidèle à la royauté, Philidor écrira encore deux Te Deum en motet, dont un en 1756, pour la naissance du troisième petit-fils de Louis XV, futur roi Charles X.

Cette année-là, les Français se trouvaient toujours sous l’influence de la célèbre Querelle des Bouffons, une dispute à l’échelle nationale autour de deux styles musicaux: français et italien.

Après le succès du Devin du village de Jean-J. Rousseau, défenseur acharné de la musique italienne, un nouveau genre éclot à l’Opéra: le vaudeville, dit opéra comique. Il allait définitivement conquérir les scènes parisiennes tandis que ses créateurs Duni, Monsigny et les époux Favart devinrent rapidement ses apôtres.
Philidor était un musicien éclectique: élève de Campra, il suivit ensuite de près le style allemand et italianisant de Haendel. De plus, ses voyages à l’étranger pendant huit ans l’ont habitué aux changements. Il s’adaptait facilement et était toujours prêt à se mettre au goût du jour. 

L’opéra comique demandait de la légèreté dans la composition, cela convenait très bien au caractère et à la plume de François-André. 

Bien que plongé toujours dans les motets, il s’essaya en 1756 dans un opéra-ballet: Le diable à quatre.

Durant la même année il révisa aussi le ballet de Charpentier, Le retour du Printemps. 

Enfin, en 1759 Philidor composa son premier opéra comique à succès, Blaise le Savetier, précédé par Les pèlerins de la Mecque, opéra en vaudevilles.

Comme chez Rousseau, le héros de l’œuvre de Philidor est issu du peuple dont il représente le bon sens et la simplicité.

Désormais, le musicien va l’emporter sur le joueur d’échecs en devenant compositeur d’opéras comiques. 

La composition en 1759 de Diligam te domine, un motet à grand chœur, ne lui enleva pas sa nouvelle renommée.

Après avoir entendu Blaise le Savetier, Jean-Ph. Rameau lui-même, conseilla à Philidor de renoncer à la musique religieuse pour s’adonner entièrement au théâtre.

A 33 ans, François-André décida de se marier et de fonder une famille. Il porta son choix sur sa cousine, Angélique-Elisabeth Richer, claveciniste et fille de François-Joseph Richer, ordinaire de la Musique du Roi et Surintendant de la Musique du Duc de Chartres. Sa mère était Marie-Elisabeth Leroy, musicienne aux concerts de la reine Marie Leszczynska. Tous deux étaient décédés au moment du mariage de leur fille.
L’acte de mariage des époux Richer-Philidor, datant du 13/02/1760 à Saint Sulpice, précise que le marié est marchand-mercier, qu’il est âgé de 33 ans et la mariée en a 18 et demi. Nicolas Danican Philidor (9), ordinaire de la Chapelle et de la Chambre du Roi à Versailles, était présent pendant la cérémonie.

La mention de “marchand mercier” peut surprendre, mais en voici l’explication: à cette époque les femmes versées dans le commerce devaient être représentées par un homme faisant partie d’une confrérie. Philidor rejoignit donc le corps des merciers comme ses sœurs Marie-Marguerite et Marie-Anne, qui avaient un magasin de marchandes des modes rue du Four, dans le quartier du faubourg Saint Germain.

Fier de son titre de “marchand mercier”, il le faisait signaler sur tous les actes d’état civil de sa famille et de lui-même.

Le mariage de Philidor se révéla très heureux, les deux époux étant fidèlement attachés l’un à l’autre tout au long de leur vie. 

Encore en 1783, il écrivait à sa femme depuis Londres: “Nous sommes nés, l’un et l’autre pour être malheureux; mais peut-être n’y a t-il pas deux individus sur la terre, mieux accouplés pour se consoler mutuellement, que nous deux”.

En dehors du clavecin, Angélique-Elisabeth Philidor chantait au Concert Spirituel.

Le couple habitait rue de Cléry; plus tard, en 1783, ils déménagèrent rue de la Michodière, à l’angle de la rue Neuve Saint Augustin (aujourd’hui la rue Daunou).
Sept enfants sont venus au monde et leur descendance s’est prolongée jusqu’à nos jours (10).

Cinq d’entre eux ont vécu jusqu’à l’âge adulte, dont 4 garçons:

André-Joseph (né en 1762), Louis Victoire (1764), Claude-Fréderic (1766), Jean-Baptiste Auguste (1769) et une fille, Elisabeth-Charlotte (née en 1776), appelée tendrement Elyse, la seule musicienne parmi les enfants.
Elle épousa en 1798, Louis-Barthélémy Pradher, pianiste, violoniste et compositeur, professeur au Conservatoire de Musique de Paris (1808-1828) et maître de musique du futur roi de France, Louis-Philippe.

Le travail de Philidor lui prenait toute la journée: la composition le matin, les échecs au Régence l’après-midi, et la soirée à l’Opéra.

Il était naturellement d’une activité débordante, reflétée jusqu’à son corps même, mu par une sorte de mouvement perpétuel. C’était surtout ses jambes qui bougeaient sans cesse, aussi bien pendant une partie d’échecs que lorsqu’il travaillait à une partition à la maison. Sa femme disait alors en souriant: “voilà mon mari qui fait son ver-à-soie”. 

Il devint un compositeur prolifique en ce qui concerne le vaudeville.

A partir de Blaise le Savetier en 1759, il présentait un nouvel opéra tous les ans, en dehors de ses séjours à Londres. 

Le Sorcier, Tom Jones et surtout sa tragédie lyrique, Ernelinde, la princesse de Norvège, lui ont assuré la renommée au-delà des frontières françaises. Ernelinde est considérée comme le seul opéra de Philidor.

Après l’avoir entendu, le roi Louis XV aurait accordé à Philidor une pension de 600 livres sur sa cassette personnelle.

Lorsque César Franck prit connaissance d’Ernelinde, en 1883, il dit: “ce qui distingue le plus ce compositeur, c’est la réunion de ces trois qualités: musicien, peintre et poète” (11). Franck a saisi parfaitement le caractère de l’art de Philidor en tant que musicien. Nous pourrions rajouter une quatrième qualité: le charme, qui se reflète dans un sourire aimable exprimé dans le buste de Philidor, sculpté par Augustin Pajou.

Le mélange de styles musicaux dans les compositions de Philidor a suscité des opinions contradictoires de ses contemporains.
Pour Denis Diderot, il a “inventé” la musique italienne en France, pour Grétry, il était le plus allemand des compositeurs français! Dans ce contexte, tous les jugements sont possibles: ne nous en privons pas! 

Champion d’échecs et compositeur reconnu

Avoir une famille nombreuse exigeait de Philidor des revenus considérables.

Les parties d’échecs ne rapportaient rien. Les opéras ne constituaient pas de revenus suffisants et les commandes de la Cour arrivaient rarement: le temps était toujours à l’économie, car les finances de la monarchie se relevaient plus que péniblement des dépenses causées par la guerre de Sept Ans.

Dans ce contexte, François-André décida de tenter une nouvelle chance dans la capitale britannique en 1771.
Les meilleurs joueurs d’échecs se pressaient à Londres comme par le passé. Les Anglais réservèrent au Français un accueil chaleureux. 

Philidor prit ses quartiers au Salopian Coffee House, dans Charing Cross pour une « saison”,  c’est-à-dire les cinq premiers mois de l’année qui correspondaient à la période d’activité du Parlement anglais où se recrutaient les joueurs fortunés.

Les 100 membres de l’Association des joueurs d’échecs lui versaient pour sa présence 3 guinées par an, certains même 50 guinées. Cette habitude devait perdurer pendant tout le temps des séjours londoniens de Philidor.

Il doublait ces revenus avec les gains des leçons particulières, au prix d’une couronne la leçon, et les enjeux sur l’issue des parties à l’avantage devant des spectateurs payants.

La nouvelle édition de son Analyse du jeu des échecs en 1777 constitua aussi un apport de revenus grâce à une cinquantaine de souscripteurs fortunés, tels que le futur roi de France Louis XVIII, le fameux joueur breton Kermur de Legall, le prince de Talleyrand, D. Diderot et Lady Ove, épouse d’un amiral anglais qui battait aux échecs Benjamin Franklin et Voltaire.

Analyse du jeu d’échecs, édition de 1777

Philidor est devenu le plus grand champion d’échecs d’Europe.

Il excellait dans les parties à l’aveugle. Il existe une gravure le représentant les yeux bandés, en train de disputer une partie avec  l’ambassadeur de Turquie.

Une partie d’échecs à l’aveugle contre l’ambassadeur de Turquie

Un de ses efforts de mémoire fut rapporté dans News Papers, en mai 1783:

“Hier, au club de joueurs d’échecs, dans la rue St James, monsieur Philidor a fait une de ces étonnantes parties pour lesquelles il a tant de réputation.

Il a joué à la fois trois parties différentes sans voir un seul des échiquiers(…)”

Ces effroyables efforts de mémoire le privaient pendant un long moment de ses facultés intellectuelles: il ne voyait ni n’entendait presque plus.

Diderot, en ami fidèle, s’en inquiétait et le lui fit savoir dans une de ses lettres:

“(…) Je serais plus disposé à vous pardonner ces essais périlleux si vous eussiez gagné à les faire cinq à six cents guinées. Mais risquer sa raison et son talent pour rien, cela ne se conçoit pas. Il y a de la folie à courir le risque de devenir imbécile par vanité”.

Une des plus extraordinaires rencontres que Philidor ait pu faire aux échecs fut la partie jouée contre un automate du baron hongrois, Wolfgang de Kempelen. Cette invention était composée d’un androïde et d’un jeu de miroirs, qui permettait au joueur caché de voir la position des pièces sur l’échiquier. 

Une partie de ce qu’il gagnait assurait à François-André une existence modeste à Londres, le gros partait pour Paris afin de subvenir aux besoins de sa famille.

Il retournait ainsi une partie de chaque année auprès des siens, et repartait de nouveau pour Londres, pour une nouvelle session du Parlement. 

En 1776, le dernier de ses enfants, sa fille Elisabeth, venait de naître. Un an auparavant, pendant son retour à Paris, il composa Les femmes vengées, un de ses opéras bouffe les plus populaires, jusqu’à nos jours. 

Il composait aussi pendant ses séjours à Londres. Son ode profane Carmen Saeculare, sur les paroles d’Horace, remporta un grand succès lors de sa première le 26/02/1779, au Free Mason’s Hall. Le poète romain destinait son œuvre aux Jeux séculaires, célébrés à Rome en l’an 17 av. J.C. 

Philidor aurait dit de sa composition qu’elle était l’alliance de science musicale et du raisonnement exact du jeu d’échecs. C’était aussi le premier ouvrage où la prosodie latine fut strictement respectée. Catherine, l’impératrice de Russie s’en fit envoyer une copie de la main de l’auteur lui-même.

Malgré son travail incessant, Philidor avait souvent du mal à joindre les deux bouts. En janvier 1783 sa situation financière était alarmante et il ne s’en cachait pas en écrivant à sa femme: “(…) je n’ai que des espérances à donner un acompte pour la pension de nos plus jeunes (enfants) qui va en augmentant (…), mais que faire, ma chère amie? (…) Je t’encourage à prendre patience (…) pense à chaque instant et rêve toutes les nuits que tu as pour la vie un ami véritable qui t’aime tendrement et mettra tout en oeuvre pour te rendre heureuse ».

François-André vivait chichement. Dans une autre lettre à sa femme, il écrivait:

“Le matin entre 9h et 10h, je déjeune de bon appétit, avec du pain et du beurre et mon thé. J’écris et je vais faire des visites. Je rentre à 3 heures pour faire ma toilette; à 5 heures je me mets en marche pour le dîner; à 8 heures je me rends au Club; je sors à 11h30; je rentre chez moi, où je bois 3 verres de vin seulement et je me couche. Cela n’est pas fort gai…”

Pourtant, avec le temps, il devint boulimique et se mit à avoir des crises de goutte. Il ne refusait plus aucune invitation à faire un bon repas pour chasser des idées moroses qui l’envahissaient quand il était seul. 

Chez son ami, le comte de Brühl, ambassadeur de Saxe qu’il battait régulièrement aux échecs, Philidor pouvait se régaler de repas exceptionnels, car le comte avait une des meilleures cuisines de Londres. C’était des festins où ils passaient plusieurs heures à table, entre « une partie de whist, des chansons en chorus et des canons” et qui se terminaient le lendemain au petit matin.

Longtemps réticent, Philidor finit par se faire initier à la franc-maçonnerie en 1783 et devint membre de la Loge Olympique de Londres trois ans plus tard, en 1786.

Elle fonctionnait comme tous les clubs anglais: “c’était une assemblée de pairs, qu’ils fussent membres de la Chambre des Lords ou des Communes, hommes de lettres ou d’artistes; ils avaient reçu la même éducation, ils appartenaient à la même classe et avaient le même mode de vie” (12). 

Philidor fréquentait la Cour d’Angleterre. En 1789, il reçut la commande pour une œuvre vocale afin de saluer le recouvrement de la raison par le roi George III. 

Cette nouvelle ode, appelée Anglaise, fut donnée le 8 juin 1789 au Hanover Square Rooms. Deux mois plus tôt, Philidor avait écrit à son épouse: “(…) j’ai fait l’impossible pour me mettre en peu de temps au fait de la prosodie et de l’accent de la langue anglaise”.

La Révolution française : l’exil et la fin

Lorsque la révolution éclate en France, elle prend au piège Danican Philidor.
Il ne peut retourner à Paris et y est considéré rapidement comme un émigré.

Le fait que son quatrième fils, Jean-Baptiste combat dans les rangs de l’Armée du Nord de la République, ne change rien à son statut.

Le 25/01/1791, François-André, désespéré, demande à son fils aîné de « présenter un mémoire” pour plaider sa cause auprès d’un haut personnage révolutionnaire: 

“Monsieur Philidor, citoyen actif de la Bibliothèque, ayant payé sa capitation et son quart en entier du don patriotique a, depuis 1776, passé à Londres les hivers, pour pouvoir y amasser quelques guinées pour les dépenses au maintien de sa nombreuse famille, et que, depuis 15 années qu’il fait ses voyages, il a fait revenir en France la somme de 2200 guinées au moins, ce qui est loin des fugitifs qui mangent l’argent de la France dans les pays étrangers”.

Philidor refusait de se considérer comme un émigré, tout en soulignant son soutien à la République et à la Révolution. Malgré cela, il restait suspect aux yeux de la police, peut-être, parce qu’il continuait à recevoir son traitement de musicien de Cour sur la cassette du Roi, jusqu’en 1791.

En décembre 1793 Philidor était aux abois et se plaignait à sa femme qu’il était rongé non pas par la goutte, mais bien par tous les soucis et chagrins qui l’assaillaient. Il ne pouvait même compter sur le comte de Brühl qui tardait souvent à lui remettre l’argent dû des parties d’échecs, sans se soucier de ses problèmes financiers.  “(…) Je n’aurais jamais imaginé que sur mes vieux jours le jeu d’échecs serait ma seule ressource et que mon principal talent et mes ouvrages qui m’ont coûté des veilles, ne me servent à rien”, écrivait-il à son épouse. Cela voulait dire qu’il ne recevait plus de commandes de compositions.

Il tenta en vain de revenir en France en renouvelant son serment civique avec une procuration. En mai 1795, il demanda à sa femme d’aller au plus vite à la municipalité pour demander un passeport pour lui.

Ce passeport tant attendu arriva trop tard; Philidor ne revit jamais son épouse ni ses enfants. 

Il décéda dans la capitale britannique le 03/09/1795, d’une crise de goutte, hors saison échiquéenne et dans la solitude, car tous ses amis se trouvaient soit dans leurs demeures de campagne, soit sous les armes, pour certains.

Un quotidien londonien mentionna ainsi sa disparition:

“Lundi dernier, Mr Philidor, le fameux joueur d’échecs a avancé son dernier pion vers l’autre monde.”

Il fut inhumé en l’église St James (paroisse St Pancrace). L’église a été bombardée en 1940 par les Allemands et la dépouille de Philidor fut transférée sans dalle, dans le petit cimetière de St James, aujourd’hui jardin public.

François-André Danican Philidor à qui la postérité donna le surnom de “le Grand” a perdu sa partie contre la mort.
“Les échecs, c’est comme la vie, avec cette différence que, dans la vie, il n’y a pas de partie de revanche”. (S. Freud).

Les hommages

« Que le bon soit toujours camarade du beau »

Jean de la Fontaine

Lorsque la nouvelle de la mort de Philidor arriva en France, la ville de Paris commanda un buste de l’artiste: il s’agissait peut-être d’une nouvelle commande à Augustin Pajou qui en a déjà sculpté un en 1783. Ensuite, plusieurs copies en plâtre en firent réalisées. L’original fut offert à la veuve, madame Elisabeth Philidor. Une inscription y fut gravée :

Avoir ton âme et ton génie

Par les mains de Pajou voir ton buste sculpté, 

C’est, selon moi, le sort le plus digne d’envie

C’est être deux fois sûr de l’immortalité.

Le buste de Philidor par Augustin Pajou – collection Marcelle Benoit

Pierre Monsigny, compositeur et sociétaire de l’Opéra Comique National, adressa une lettre à ses camarades et artistes:

“Citoyens! Lorsqu’en 1793, je vous ai prié de disposer en faveur du célèbre Philidor de la pension que vous m’aviés fait l’amitié de m’offrir, je vous ai dit que Philidor le méritait plus que moi par ses talents. (…) Aujourd’hui, mes chers concitoyens, je vais vous faire une autre prière. Philidor est mort, il laisse une veuve sans fortune, faites -moi l’extrême plaisir de me permettre de vous prier de laisser à la citoyenne Ve Philidor la jouissance de cette pension. (…); le bonheur d’obliger la veuve d’un grand artiste est si doux à mon coeur que vous ne me refuserés pas ce moment de jouissance. 

Je suis à jamais votre amy et votre admirateur. Salut et fraternité. Monsigny”

Mme Philidor avait déménagé alors au 139, rue Montmartre, dans ce qu’on appelait le “quartier du contrat social”, d’après le titre d’un ouvrage de J. J. Rousseau qui habita auparavant ce secteur. Elle décéda à Paris le 15 septembre 1809.

André Grétry, compositeur et inspecteur du Conservatoire de Musique de Paris (fondé en 1795), rédigea une lettre destinée à la presse, afin d’apporter un message personnel en mémoire de l’artiste défunt:

“Philidor n’est plus, mais il vivra dans la mémoire des hommes (…) Musicien profond, c’est lui qui le premier fit entendre sur la scène française des accents mélodieux des Italiens, joints à la force de l’harmonie et du génie des Allemands. (…) il pouvait ranger une succession de sons avec la même facilité qu’il jouait une partie d’échecs. Nul homme n’a pu le vaincre à ce jeu, rempli de combinaisons; nul musicien n’aura plus de force et de clarté dans ses compositions que Philidor n’en a mis dans les siennes. Il fut bon époux, bon père, bon ami (…), il sera donc pleuré de ses parents et de ses amis, et tous les artistes et amateurs des beaux-arts regretteront longtemps cet homme, si justement célèbre.”

Pour terminer, il suffit d’ajouter qu’un buste de Philidor orne la façade sud-ouest de l’Opéra Garnier et qu’une rue de Paris, dans le XXe arrondissement porte son nom.

Buste de Philidor sur la façade de l’Opéra
Plaque de rue de Paris

La méthode du jeu d’échecs de Philidor a traversé les âges sans la moindre ride et reste toujours une référence de valeur pour les joueurs et les apprentis.

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Liste des oeuvres musicales de François-André Danican Philidor, « le Grand »

  • 2 motets: 1738, 1743, 1 motet en musique latine, fin 1752
  • Motet à grand choeur Hymn for St Cecilia’s Day, 1753
  • Lauda Jerusalem, 1754
  • L’art de la modulation: six quatuors ou symphonies pour 2 violons, hautbois ou flûte et basse, 1754
  • Te Deum 1755
  • Le diable à quatre, opéra-ballet 1756
  • Le retour du Printemps, révision du ballet de M. A Charpentier 1756
    Te Deum pour la naissance du comte d’Artois 1756
  • Les pèlerins de la Mecque, opéra comique en vaudevilles 1758
  • Blaise le Savetier, opéra comique 1759
  • Diligam te domine, motet à grand choeur 1759
  • L’Huître et les Plaideurs ou le Tribunal de la chicane, opéra comique 1759
  • Le Quiproquo ou le volage fixé, opéra comique 1760
  • Le soldat magicien, opéra comique 1760
  • Le jardinier et son seigneur, opéra comique 1761
  • Le maréchal ferrant, idem
  • Le triomphe du Temps, idem
  • Sancho Pança, Gouverneur dans l’Isle de Barataria, idem
  • Le Bûcheron ou les 3 souhaits, opéra comique 1762
  • Ariette pour le Devin du village, intermède de J. J. Rousseau 1763
  • Les fêtes de la Paix, divertissement scénique 1763
  • Le Sorcier, opéra comique 1763
  • Requiem pour Rameau 1764
  • Tom Jones, opéra comique 1765
  • 6 ariettes pour le roman Histoire amoureuse de P. Lelong et et de sa très honorée dame Blanche Bazu 1765
  • 12 ariettes périodiques 1766
    Ernelinde, princesse de Norvège, tragédie lyrique 1767
  • Le jardinier de Sidon, opéra comique 1768
  • La Chasse, symphonie 1768
  • L’Amant déguisé ou le Jardinier supposé, comédie en 1 acte, mêlée d’ariettes 1769
  • La Rosière de Salency, comédie 1769
  • La nouvelle Ecole des femmes, opéra comique 1770
  • Le bon fils, idem 1773
  • Te Deum, Paris 1770
  • Mélide ou le navigateur, comédie en 2 actes et en vers, mêlée d’ariettes, 1773
  • Berthe, comédie pastorale héroïque, 1775
  • Les femmes vengées opéra comique 1775 Paris
  • Carmen saeculare, oratorio profane 1777 Londres
  • Persée, tragédie lyrique en 3 actes  1780  
  • Thémistocle, idem  1785
  • L’amitié au village, opéra comique 1785
  • La belle esclave, opéra comique 1786
  • Le mari, comme il les faudrait tous, opéra comique 1787
  • An Ode of his Majesty Recovery (Ode Anglaise) 1789
  • Te Deum et Domine salvum fac regem, motets à grand choeur 1789
  • Canon scientifique, 1789
  • Bélisaire, tragédie lyrique Londres 1795, représentée à Paris le 3 octobre 1796
  • Protogène, drame lyrique non achevé, 1795 Londres

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Je remercie mon amie Cécile Coutin et M. Nicolas Dupont Danican Philidor pour leur aide complémentaire à ma recherche sur la vie de François-André Danican Philidor.
Je prie aussi tous les connaisseurs du jeu d’échecs, de bien vouloir me pardonner pour les éventuelles maladresses que j’aurais pu commettre vis-à-vis du langage de “ce noble jeu”.

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Bibliographie

Le Palamède, revue mensuelle des échecs. Article Philidor peint par lui-même, par M.M. De la Bourdonnais et Méry 1847, d’après les Mémoires de son fils aîné, André Joseph Philidor. BnF, dép. Littérature et Art V-48738 (48746)

Georges Lacarrière, Un grand joueur: François-André Danican Philidor, Recueil de l’Académie de Montauban: sciences, belles-lettres, arts, encouragement du bien 1999 Académie de Montauban, 2013-117011 BnF

J.François Dupont Danican Philidor et Marcelle Benoit: Philidor: musicien et joueur d’échecs  Picard 1995

Nicolas et J. François Dupont Danican Philidor: Les Philidor: une dynastie de musiciens  Zurfluh 1995

NOTES

  1. Il existe une autre explication du sobriquet de Danican: le mot gaélique “filidh” désignant les anciens bardes écossais.
  2.  Les deux hommes publièrent ensemble le Privilège d’édition de Louis XIV, en 1695: “Nos chers et bien-aimés André Danican Philidor et François Fossard, tous deux Ordinaires de notre musique, nous ont fait remonstrer, que depuis trente années, ils ont recueilli avec soins par nos ordres, tous ce que les plus célèbres musiciens de l’Europe ont composé de plus beau, tant pour la Musique de la Chapelle, Musique de notre Chambre, Symphonies instrumentales, qu’autres pièces choisies des Opéras qui ont été faits dans les pays étrangers dont ils ont rassemblé pour notre service plus de mille volumes écrits à la main qui n’ont point encore été imprimez dans notre royaume”.
  3. Sous l’Ancien Régime, l’émancipation d’un enfant ou d’un adulte correspondait au moment où il quittait la tutelle parentale. Cela ne dépendait pas de son âge. Un acte officiel, signé par le ou les tuteur(s) de ladite personne, confirmait légalement son émancipation.
  4. Georges Lacarrière: Un grand joueur: François-André Danican Philidor, Recueil de l’Académie de Montauban, Janvier 1999
  5.  L’analyse des échecs: contenant une nouvelle méthode pour apprendre en peu de temps à se perfectionner dans ce noble jeu. Par A. D. Philidor 
  6.  op.cit.
  7.  Richard Réti: Les idées modernes aux échecs, éditions Payot et Rivages, Paris 1997
  8.  www.creachess.com
  9.  Il s’agit d’un cousin germain de François-André qui était le fils de Jacques Danican Philidor, dit le Cadet.
  10.  Parmi les descendants de Philidor, on peut nommer Mrs Jean-François Dupont Danican Philidor, capitaine de navire, décédé en 2005 et l’ingénieur Nicolas Dupont Danican Philidor. Tous deux, avec le soutien de l’éminente musicologue Marcelle Benoit, fondèrent en 1988 la “Société d’études philidoriennes” dont le but était de propager l’oeuvre de la dynastie Danican Philidor. Avec Mlle Benoit, ils sont auteurs de plusieurs ouvrages: Philidor, musicien et joueur d’échecs, Picard 1995 ainsi que Les Philidor: une dynastie de musiciens, Zurfluh, 1997
  11.  César Franck en a fait une réduction pour piano.
  12.  Sophie Loussouarn, L’évolution de la sociabilité à Londres au XVIII siècle, 1996

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