À propos

L’auteur du blog : Krystyna Pasquier

Krystyna Pasquier
Krystyna Pasquier

Je suis claveciniste et pianiste, je possède un prix d’histoire de la musique et un diplôme de Philologie Romane. J’enseigne le piano dans un conservatoire de musique de la région parisienne et, en tant que claveciniste, je travaille avec des danseurs et des comédiens. Depuis quelques années je me spécialise dans les conférences musicales se rapportant particulièrement à l’histoire commune de France et de Pologne dans ce domaine. Actuellement je collabore avec l’Institut de Musicologie de l’Académie des Sciences de Pologne à la suite d’une découverte de documents historiques que j’ai faite se rapportant au règne de Marie Leszczynska, inconnus jusqu’à présent.

Depuis que je travaille sur le sujet des concerts de la reine Marie Leszczynska à la Cour de France, j’ai découvert, au fur et à mesure de mes recherches que l’idée que l’on avait de cette souveraine était fausse. A part son attachement à la religion, non feint et appuyé sur une quasi parfaite connaissance de l’histoire du christianisme, elle faisait partie des « ombres vagues » pour 95 % des Français (j’ai repris l’expression d’une des auditrices de ma conférence musicale autour des concerts de la reine).

J’ai donc décidé de faire partager mes connaissances et mes découvertes sur Marie Leszczynska avec mes lecteurs français :

  • pour réparer l’injustice de l’histoire que celle-ci lui a faite et dont je donne les raisons dans l’article Marie Leszczyńska : La vérité. 
  • pour que les Français d’aujourd’hui apprennent l’amour et le respect que leurs ancêtres, contemporains de la reine, lui vouaient.
  • enfin, pour rappeler tout ce que la reine et son père le roi Stanislas ont fait pour la France et « ses enfants ».

Marie Leszczynska, une reine pas comme les autres

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Marie Leszczynska par Alexis Simon Belle

Marie Leszczynska (1703-1768) était la fille du roi Stanislas Leszczynski de Pologne. Depuis l’extinction de la dernière dynastie des rois de Pologne, descendant du Grand Duc de Lituanie Ladislas Jagiello, à la fin du XVI siècle, la Pologne était une République nobiliaire dont les rois étaient élus par la Diète, constituée d’aristocratie et de représentants de la petite et moyenne noblesse polonaise. En moins de deux siècles, les magnats de Pologne acquirent une puissance et richesse telles que l’autorité des rois, successivement élus, devint quasiment inexistante. La faiblesse du trône de Pologne finit par profiter aux puissances voisines qui cherchaient leur profit de chaque nouvelle élection de roi.

C’est ainsi que Stanislas Leszczynski, le Polonais, soutenu par le roi de Suède perdit par deux fois la couronne de Pologne face à Auguste II de Saxe, protégé de la Russie. De cette terrible bataille entre deux souverains, le pays n’a tiré que de grandes souffrances et destructions. Stanislas, le vaincu, s’est retrouvé en exil avec sa famille, en Suède d’abord, en Alsace ensuite. Comme il refusait d’abdiquer, ses biens et ceux de son épouse furent confisqués par les Saxons et les Russes et son retour en Pologne lui était interdit, sous peine de mort.

Durant toute sa plus tendre enfance, la future reine de France n’a connu que dangers, déceptions et soucis qui accablaient ses parents. Grâce à l’optimisme, le courage et l’immense culture de son père, Marie reçut une éducation dont peu de souveraines pouvaient se vanter.

Montée sur le trône de France, elle n’en demeura pas moins humble, car les malheurs endurés par ses parents lui avaient appris la fragilité du destin des grands de ce monde. En revanche, elle se souvint de la bonté du Duc d’Orléans, Régent de France qui accueillit le « roi malheureux » et sa famille sur le sol du royaume de France.

Elle chercha à ce que son règne fût marqué par la charité envers tous ceux qui souffraient. Elle rendit au centuple le bien que la monarchie française avait accompli envers sa propre famille lorsque celle-ci se trouvait dans le besoin.

Son destin fut celui d’une reine des Lumières. Malgré sa liaison (regrettable) avec le parti dévot, elle sut être tolérante envers tout le monde et acquérir, tout comme son père, l’estime du redoutable Voltaire. « Mon pauvre Voltaire » : qui se souvient aujourd’hui que ce bon mot fut inventé par Marie Leszczynska ?